Coronavirus : Entre pauvreté et inconscience, les congolais sans masques dans les endroits publics

Le port des masques obligatoire dès ce lundi 20 avril à Kinshasa. Une mesure salutaire qui va sauver la cohorte des congolais qui se promènent dans l’insouciance totale, sans masques dans les endroits publics et sans précaution de distanciation entre les personnes.

Qu’à cela ne tienne, « le port des masques devient obligatoire à partir de lundi. On va larguer la Police sur toutes les rues de la ville de Kinshasa pour veiller à ce que ces gestes barrières soient respectés » prévient le gouverneur Gentiny Ngobila.

Au marché de Cité pumbu, milieu semi-rural qui longe l’entrée vers le lac de Ma Vallée, on ne se croirait pas à l’ère du Coronavirus. Les acheteurs et les passants se frottent, on a du mal à s’effrayer un chemin. Le port de masques est quasi inexistant.

Dans un magasin des expatriés, un jeune homme de ma rue sans masque m’apostrophe, je le stoppe dans son élan de rapprochement, il me regarde et me dit devant l’agent de sécurité ébahit :  » tu ne veux pas que je m’approche de toi? Tu as peur du Coronavirus ? Cette maladie n’existe pas, parce que toi tu travailles en ville à la Gombe et tu ne l’as pas ».

Le scepticisme est criant au sein d’une grande frange de la population kinoise qui met en doute l’existence du covid-19 en RDC. A ce jour, le constat est amer, les gestes barrières du covid-19; lavage des mains, prise de la température, solution hydroalcoolique, port des masques ne sont pas respectés. Toutefois une attitude positive s’observe du côté des expatriés tenanciers des magasins et certains commerçants congolais. Pour éviter l’atroupement des clients devant les comptoirs d’achats, certains vendeurs ont rétrécit l’entrée en y plaçant des grosses marchandises. La population se dit incapable de supporter le coût du port régulier d’un masque dont le prix revient à environ 1 dollar américain.

Pour le numéro un de la ville, aucun gouvernement au monde n’a des masques suffisants pour distribuer à la population. Très ancrés dans la culture africaine, les rassemblements se poursuivent lors d’un deuil. Les bars ouvrent dans la clandestinité et les clients s’y rassemblent en toute quiétude avec leurs bouteilles de bière dissimulées sous leurs sièges. La pandémie Coronavirus a pris u e allure exponentielle. En 3jours, la courbe est de plus en plus  croissante, 60 cas confirmés  supplémentaires.   Un total de 327 cas confirmés avec 25 décès et 154 cas en cours d’investigation.  A la veille de l’ultimatum, Gentiny Ngobila invite la population à se prendre en charge:  »  Pour l’instant, nous encourageons la population à se faire fabriquer les masques avec le pagne et autres tissus ».

Christiane MUNOKI

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