Nord-Kivu: « Les femmes ne doivent pas être parmi les gens qui véhiculent les rumeurs sur l’insécurité » ( Rose Kahambu, coordinatrice DYFEGOU)

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Depuis plusieurs années, l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) vit dans une grande désolation. Assassinat, viols et toutes sortes des violations ont pris le dessus sur la paix dans cette partie du pays. Le gouvernement, les Nations unies et différentes structures de la société sont engagées dans la lutte pour la restauration de la paix. Parmi ces structures, l’organisation non gouvernementale dénommée « Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance (DYFEGOU) mène des actions pour contribuer à l’instauration et la pérennisation de la Paix, les Respects des Droits Humains et ceux de la Femme, la Bonne Gouvernance et la Démocratie. Cette ONG
est dirigée par Rose Kahambu Tuombeyane, 38 ans. C’est depuis le 20 octobre 2014 qu’ elle encadre des femmes au sein de la Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance.- DYFEGOU ». Dans une interview accordée à journaldesnations.net, elle souligne la nécessité de la prise en compte de la femme dans la restauration de la paix en RDC. Tout en félicitant l’augmentation du nombre des femmes au sein du nouveau gouvernement elle encourage également l’intégration de la femme au sein de l’armée.

Jdn : Je rappelle que vous êtes coordinatrice de la DYFEGOU, la Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance en ville de Butembo et environs, merci de nous accueillir dans votre office de travail.

Madame Rose : merci, c’est moi qui vous remercie pour l’intérêt et la confiance apportés à notre organisation.

Jdn: Pour commencer, puisque vous vous occupez des femmes qu’est-ce que vous pouvez leur dire?

Madame Rose : Nous devons nous mettre pour essayer de voir notre passé par rapport à notre considération, notre présent et qu’est-ce que nous devons encore faire pour que nous puissions améliorer ou pour que les communautés améliorent notre considération en tant que femmes. Chaque jour doit être pour nous une opportunité aussi pour réfléchir autour des questions, des problèmes qui dérangent qui rongent notre société. Cette année nous avons 3 grands problèmes ici dans le grand Nord-Kivu. Le premier problème c’est l’insécurité, le deuxième problème c’est la présence des maladies dont Coronavirus et Ebola, et enfin le troisième c’est nous préoccuper de l’éducation de nos enfants.

Jdn : Qu’elle doit être la contribution de la femme dans ces situations afin qu’elles soient éradiquées par exemple l’insécurité à Beni, vous avez aussi invoqué la pandémie de Coronavirus et l’Ebola ?

Madame Rose : les femmes doivent contribuer dans le sens de prévention et d’orientation, c’est-à-dire nous devons prévenir par l’éducation ou les séances de sensibilisation. Nous ne devons pas être parmi les gens qui doivent véhiculer les rumeurs, autour de l’insécurité, que ça soit autour de la question de la santé notamment l’épidémie à virus Ebola et Covid19. Lorsque nous constatons un problème, lorsque nous voyons des victimes de l’insécurité, nous devons les orienter, surtout les femmes, parce que là où il y a insécurité les femmes sont toujours parmi les victimes. Les femmes qui sont en train d’être violées, kidnappées, exploitées d’une manière ou d’une autre, nous devons les accompagner, nous devons les soigner psychologiquement en leur montrant notre amour. Au sujet des fléaux sanitaires, j’invite les femmes à s’abstenir des rumeurs parce que les rumeurs ne sont pas dignes des femmes et surtout des leaders parce que j’ai toujours défini toute femme comme leader à cause des rôles qu’elles jouent même dans la société, parce que c’est ça le leadership. La DYFEGOU au niveau de la ville, nous sommes en train de sensibiliser les femmes à combattre ces grands maux qui ont rongé notre pays. Nous avons constaté au cours du confinement passé que beaucoup d’élèves ont été engrossées parce que peut-être l’éducation a bâclé, parce que peut-être elles n’ont pas eu d’occupation … Nous devons penser résilience économique, l’insécurité a touché beaucoup l’économie de la femme. Parce que beaucoup la femme tire son économie des activités champêtres, et beaucoup de champs sont occupés aujourd’hui soit par des groupes armés nationaux, soit par des groupes armés étrangers. Bref, la femme du Kivu en général, celle du Grand Nord en particulier ne sait plus trouver de l’argent. Mais nous ne devons pas croiser les bras, c’est ce que nous sommes en train de demander aux femmes. Soyons patriotes, dénonçons, n’ayons pas peur, remontons l’information suspecte ou dangereuse, ou l’information qui puisse porter, qui puisse prévenir la sécurité dans notre région.

Jdn : Aussi, vous encouragez la femme à intégrer l’armée, la police et non seulement les partis politiques ?

Madame Rose : bien sûr nous devons intégrer l’armée, moi personnellement, j’ai toujours dit que si je ne suis pas là, c’est puisqu’on a commencé le recrutement officiel ou formel, juste après que peut-être je ne remplis plus les critères. Mais, j’encourage les jeunes filles, surtout qui ont étudié à se faire recruter au sein des forces armées de la RDC aussi bien dans la police. Nous devons avoir les fils et filles du Kivu qui sont des cadres parmi les officiers supérieurs dans l’armée pour que la femme puisse aussi commander des troupes au cours des combats ou protéger les frontières du pays selon l’esprit, selon le cœur d’une mère parce que tant que nous continuerons à crier dehors n’ayant pas le pouvoir, n’ayant pas l’arme, nous aurons de problèmes.

Jdn : quel message vous adressez aux autorités?

Madame Rose : La femme doit s’intéresser aussi à la politique, et les autorités doivent aussi faire respecter les textes, d’ailleurs c’est ce que demande la résolution 1325 du conseil de sécurité des nations unies, elle insiste sur la participation de la femme et donc j’en appelle le premier ministre déjà nommé à pouvoir intégrer cette question de résolution 1325 dans la composition de son gouvernement. Il le félicite d’avoir nommer plus des femmes que dans le gouvernement passé et surtout aux postes qui sont compétents dans la matière de paix. Nous remercions le chef de l’état pour la nomination d’une femme, madame Rose Mutombo à la tête du ministère de la Justice. Nous appelons les autorités à la prise de conscience, à la volonté politique, pour que les femmes participent aussi à la restauration de la paix et aux femmes d’avoir confiance à d’autre femmes, parce que les élections sont parmi les voies qui sont offertes pour que nous puissions faire arriver ou pour que nous puissions participer à la gestion du pays.

Jdn : Madame Rose Kahambu Tuombeyane, coordinatrice de la DYFEGOU, merci d’avoir répondu à nos questions.

Propos recueillis par Djiress Baloki ( au Nord-Kivu)

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