Assassiné le 17 janvier 1961, Maurice Mpolo, martyr oublié, un compagnon de Lumumba

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« Les congolais qui ont fait honneur ou qui se sont sacrifiés pour le Congo, tombent peu à peu dans l’oubli, en commençant par les plus emblématiques parmi eux, les martyrs de l’indépendance, tels que Lumumba, Mpolo et Okito ». Ainsi s’est exprimé un des membres de la famille de Mpolo Maurice, assassiné le 17 janvier 1961.

Pour faire revivre et poursuivre les rêves qu’il n’a pas pu réaliser avec ses pairs les martyrs de l’indépendance Patrice Emery Lumumba et Okito tous assassinés à la même date, les proches de Maurice Mpolo ont organisé une messe en sa mémoire à l’église notre Dame de Fatima dans la commune de la Gombe.

Rattachés par le lien de sang, Lucas Mpolo et Josiane Mpolo, respectivement cousin et nièce de Maurice Mpolo,  dirigent aujourd’hui la structure  » Enjeux Solidaires ». A l’occasion de la commémoration des martyrs de l’indépendance, Lucas Mpolo président des « Enjeux Solidaires  » a livré une interview exclusive à journaldesnations.net

Journal des Nations : Que vous rappelle la date du 17 janvier?

Lucas Mpolo: Cette date nous rappelle les martyrs de Lumumba, Mpolo et Okito, ces assassinats qui ont marqué, profondément, l’histoire et le présent du Congo. Le contexte d’instabilité dans lequel le Congo continue de vivre, est une conséquence de cette tragique date.

Journal des Nations : Quel est le sentiment qui vous anime aujourd’hui.

Lucas Mpolo : Le sentiment que j’ai, est celui de quelqu’un qui a perdu un frère dans des circonstances dramatiques. Dans la famille, cette mort a, beaucoup, hanté notre papa. Il s’en est voulu presque pendant le restant de toute sa vie, il faut savoir que c’est notre papa qui est allé le prendre au village et qui l’a élevé. Et il se disait qu’il aurait, peut-être, été en vie s’il ne l’avait pas fait venir à Léopoldville.

Journal des Nations : Pouvez-vous nous présenter cet homme, Maurice Mpolo qui est resté dans les annales de l’histoire et pourtant pas très bien connu de la jeunesse ?

Lucas Mpolo: Il a eu 7 sept enfants. Maurice Mpolo, né le 4 mars 1928 à Inongo, Fils de Édouard Mpolo et de Tècle Bokako, il a étudié au petit seminaire de Bokoro. Il rencontra Lumumba en 1958. Il était Député National et Président Provincial du Mouvement National Congolais pour la ville de Kinshasa.

Maurice Mpolo fut ministre de la jeunesse et des sports dans le Gouvernement de Lumumba. Le 5 septembre 1960, à la suite de la révocation de Patrice Lumumba par Joseph Kasa-Vubu, il est nommé chef d’État-Major sans pour autant avoir l’opportunité d’occuper pleinement cette fonction.

Il sera assassiné en compagnie de lumumba et Okito le 17 janvier 1961

Journal des Nations : Quels sont les objectifs poursuivis par votre structure?

Lucas Mpolo: Avant toute chose, je tiens à signaler que , « Les Enjeux solidaires » est une ASBL en Belgique et une ONG au Congo. Toutefois, la dénomination générique est une ASBL et certaines de ses activités sont des actions citoyennes.

Les objectifs sont multiples et peuvent prendre plusieurs formes. Cependant, notre activité de base est l’apprentissage à travers les jeux. En bref, quand apprendre devient un plaisir, les matières deviennent aisées et faciles à retenir. C’est en effet, notre objectif par rapport à cette transmission de notre mémoire, une mémoire active et agissante et non victimisante. Que les rêves de nos pères de l’indépendance deviennent réalités

Journal des Nations: Pourquoi avoir choisi de cibler l’éducation de l’enfant?

Lucas Mpolo : Quel est le lien avec l’éducation ? Il est simple, l’éducation est la base du savoir vivre, du progrès, de l’humanité et de l’humanisme. A travers le jeu, nous transmettons aux enfants la mémoire et l’histoire, quand les enfants connaissent l’histoire de leur pays, ils en gardent la mémoire, et cette mémoire permet d’éviter de commettre les mêmes erreurs afin de permettre le progrès tant social, économique, etc. Donc le fait d’organiser des activités concernant nos martyrs de l’indépendance n’est pas contraire voire non contradictoire avec les objectifs de l’association. Il est important de conserver le passé mais nos martyrs nous demandent de réaliser leur espoir, ce qu’ils n’ont pas pu faire.

Journal des Nations : Comment expliquez-vous cet élan de dynamisme alors qu’on a entend pas parler de vos activités?

Lucas Mpolo: Nous n’avons pas été silencieux, nous avons, juste constaté que les références et les symboles au Congo ne sont, jamais, honorées. Les congolais qui ont fait honneur ou qui se sont sacrifiés pour le Congo, tombent peu à peu dans l’oubli, en commençant par les plus emblématiques parmi eux, les martyrs de l’indépendance, tels que Lumumba, Mpolo et Okito. Par ailleurs, je souhaite vous rappeler que nous avons, déjà, organisé des activités pour ces martyrs avec des jeunes.

Pour  terminer, toutes ces activités, nous les avons financées nous-mêmes. Nous n’avons, jamais, reçu 1 franc congolais ou un dollar de l’état ou d’une autorité. Seuls le patriotisme et le souci de nos compatriotes nous servent de motivations. Et j’en profite pour leur lancer un appel d’aider les associations qui travaillent sur le terrain

Propos recueillis par Christiane MUNOKI EKAMBO

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