RDC: « Attaques des ADF de plus en plus meurtrières », dénonce le BCNUDH

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Abdoul Aziz Thioye, Directeur du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l'Homme en RDC (BCNUDH)

Dans un nouveau rapport, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) présente le tableau sombre des exactions commises par les groupes rebelles dans deux provinces à l’est de la RDC. Ce rapport fait état d’une recrudescence des attaques du groupe armé Forces démocratiques Alliées (ADF) contre la population civile dans les territoires d’Irumu et de Mambasa dans la province de l’Ituri et de Beni dans la province du Nord-Kivu au cours de l’année 2020.

Au dernier semestre 2020, les rebelles ADF ont tués au moins 468 personnes dont 108 femmes et 15 enfants, entre juillet et décembre 2020. Au cours de cette période, au moins 534 personnes dont 82 femmes et 39 enfants ont été enlevées, dont 366 entre juillet et décembre. Certains ont été soumis aux travaux forcés jusqu’à ce qu’ils s’échappent. A ce jour, le sort de 457 personnes dont 62 femmes et neuf enfants est inconnu.

Lors des attaques ciblées, accompagnés d’actes de barbarie visant à traumatiser les populations civiles, les ADF infligent des souffrances aux populations en représailles contre les opérations militaires. Ils pillent les récoltes et procèdent aux enlèvements  des civils qui sont utilisés dans leurs plantations pour des travaux forcés.

Les membres de la communauté Twa dans le territoire d’Irumu, province de l’Ituri, ont payé un lourd tribut lors d’une attaque le 14 janvier 2021 pendant laquelle au moins 14 personnes dont deux femmes enceintes ont été tuées dans un campement dans la Chefferie de Walese Vonkutu. Ces attaques sur les civils ainsi que sur les biens protégés et culturels peuvent constituer des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. L’attaque de la prison de Beni en date du 20 octobre 2020 par des combattants des ADF qui a occasionné l’évasion de plus de 1300 détenus parmi les plus dangereux, en cours de jugement ou condamnés pour des crimes graves, a porté un coup dur à la lutte contre l’impunité.

Des recommandations à la RDC

L’ONU reconnait les efforts considérables déployés par les forces de défense et de sécurité pour combattre les ADF pour défaire les ADF. Par ailleurs, les violations des droits de l’homme qu’elles commettent risquent de saper la confiance de ces populations qu’elles sont déployées pour protéger.

Le BCNUDH recommande aux autorités de la RDC d’engager une action commune avec les autres grands lacs dans le cadre de la lutte contre l’impunité. Pour éviter les représailles contre des civiles lors des opérations militaires,  le Bureau conjoint des nations unies aux droits de l’homme demande au gouvernement congolais de prendre en compte le casernement des militaires des forces de l’armée congolaise (FARDC) ainsi que la police nationale congolaise (PNC).

Francis OTSHUDI

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