Attaques des ADF: L’ONU exprime son ras-le bol,« crimes contre l’humanité et crimes de guerre »

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 Dans un communiqué publié lundi 6 juillet à Genève, le Haut Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’homme considère que les récents crimes commis par les Forces démocratiques alliées (ADF) à l’Est de la RDCongo doivent être classés, « crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ».

Au cours des 18 derniers mois, les éléments rebelles ADF ont a intensifié ses attaques contre les civils dans les provinces de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), élargissant les actions de représailles au-delà de leurs zones d’opérations habituelles.

A la suite de campagnes militaires contre le groupe armé, en particulier depuis octobre 2019, les combattants des ADF se sont dispersés en petits groupes et certains de ces groupes ont fui vers d’autres zones.

Ils sont présents en territoire d’Irumu dans la province voisine de l’Ituri, où le nombre et l’intensité des attaques ont considérablement augmenté.

Selon un rapport de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), ces attaques qui ont fait plus de 1 000 morts et des dizaines de blessés, pourraient constituer des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre.

 1066 civils tués par les ADF

Un rapport publié par le Bureau conjoint des nations unies aux droits de l’homme en RDC (BCNUDH),  illustre le caractère systématique et brutal des atteintes aux droits de l’homme commises par les combattants des ADF. Les assaillants ont utilisé des armes lourdes lors d’attaques contre des villages, dont des AK47 et des mortiers, ainsi que des machettes et des couteaux. Ils ont incendié des villages entiers, détruit des centres de santé et des écoles, enlevé et recruté sous la contrainte des hommes, des femmes et des enfants.

Le rapport appelle également à la mise en place de programmes crédibles et fiables de désarmement, de démobilisation, de réinsertion et de rapatriement (DDRR) pour encourager les combattants à déposer les armes et à retourner à la vie civile, et aux membres des groupes armés étrangers à rentrer dans leurs pays d’origine.

Ces efforts devraient s’accompagner d’un processus global de justice transitionnelle, afin de prévenir la résurgence de la violence et de construire une paix durable dans la région.

Crimes contre l’humanité et crimes de guerre

« Dans la majorité des cas, les moyens et le mode opératoire des attaques indiquent clairement l’intention de ne laisser aucun survivant. Des familles entières ont été achevées à la machette », peut-on lire dans le rapport.

Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et cheffe de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) lance un appel en direction des autorités RDcongolaises pour traduire en justice tous les auteurs présumés et d’assurer le droit à la vérité, à la justice et aux réparations pour les victimes et leurs familles.

« Nous appelons les autorités de l’État à redoubler les efforts pour mener à bien les dossiers judiciaires en cours contre toutes les allégations de violations et abus des droits de l’homme », a-t-elle martelé.

 Depuis 2019, quelque 400 combattants des ADF attendent d’être jugés.

Le rapport souligne que, compte tenu de la nature généralisée et systématique des attaques menées contre la population civile, certaines de ces atteintes aux droits de l’homme pourraient constituer des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre.

Selon les enquêtes du BCNUDH, du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020, 1066 civils ont été tués, 176 blessés et 717 autres enlevés par des combattants des ADF dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Au cours de la même période, 59 enfants ont été recrutés; et une école, sept centres de santé et des dizaines de maisons de civils ont été attaqués et pillés.

Les violences ont provoqué des déplacements massifs des populations entre septembre 2019 et juin 2020.

Ces violations ont renforcé la méfiance de la population à l’égard des forces de sécurité et de défense, alimentées par la poursuite des atrocités commises par les groupes armés.

Venus de l’Ouganda depuis des décennies, les ADF sont militairement actifs dans le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu.

Christiane MUNOKI EKAMBO

 

 

 

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