Des agents de l’état impuissants au cimetière de Kintambo, les jeunes maîtres du lieu.

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En RDCongo, le 1er  août de chaque année est dédié à la fête des parents et des morts. Un jour où tout le monde se déferle dans les cimetières pour « honorer les défunts ». Journaldesnations s’est intéressé au fonctionnement du cimetière de Kintambo.

Crée depuis 1952, 68 ans après son fonctionnement laisse à désirer. Situé dans la commune de Ngaliema, ce cimetière compte 26 agents, dont 2 commis pour la perception des taxes de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa (DGRK) et un agent du ministère des infrastructures travaux publics et reconstruction (ITPR).

Au fil des années, l’état de ce cimetière s’est détérioré. Officiellement, le cimetière de Kintambo est fermé depuis 1998. Mais à l’heure actuelle, l’inhumation  des corps se poursuit au vu et au su de tout le monde.

L’érection des caveaux défie toute norme de construction d’un cimetière moderne. Aucun respect de distanciation entre les tombes. Parfois, les tombes sont «  réutilisées » au mépris du respect pour les morts.

Les caveaux sont érigés d’une façon anarchique. Le périmètre de ce cimetière n’est pas circonscrit. Certains jalonnent les rues et se retrouvent parfois à l’intérieur des parcelles. Ce désordre est l’œuvre des jeunes gens qui empiètent sur le travail des agents de ce cimetière.

Ces agents nous ont confié que le service d’ensevelissement du cimetière de Kintambo rencontre d’énormes difficultés. La perception des taxes échappent parfois à l’antenne de la DGRK, installée dans le bureau de ce cimetière.

Le service d’inhumattion y est victime d’un réseau parallèle des jeunes qui offrent le service d’ensevelissement des morts au premier requérant. Ces jeunes qui pour la plupart résident dans les quartiers environnants, empiètent sur le travail des agents commis à la charge de ce domaine mortuaire.

Ils interceptent les personnes demandeurs d’un caveau à qui ils rendent service à l’insu des agents responsables. Au cimetière de Kitambo, on ne sait jamais qui fait quoi. C’est la cacophonie.

Tous les jeunes s’y mêlent, ils enterrent les morts  à leur guise, fixent le prix sous l’œil impuissant de l’autorité.

« Alors qu’au bureau du quartier, un caveau coûte officiellement 80 dollars américains, ces jeunes demandent le double de ce montant pour leur propre compte », a déclaré Ngau Mayaula, agent de la DGRK. « Un manque à gagner pour l’état congolais », souligne-t-il.

Kevin PHANZU

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