« Il faut désolidariser les communautés par rapport aux groupes d’autodéfense qui soutiennent les tireurs des ficelles », Bintou Keita

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Dans sa première conférence de presse ce mercredi 17 mars à Kinshasa, Bintou Keita, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en RDC et cheffe de la Monusco a donné les grandes lignes de son action et le rôle de souveraineté qui incombe au pays.

Pression sur les groupes armés

Elle a commencé par féliciter toutes les Congolaises et tous les Congolais pour le transfert pacifique du pouvoir. Et a souhaité qu’il en soit de même pour les prochaines échéances électorales en 2023.

Elle a indiqué qu’il y a nécessité de préparer le terrain pour une sortie de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo ( Monusco) d’une façon responsable, progressive, graduelle et qui fait en sorte qu’il n’y ait pas de nécessité de revenir. En ce qui concerne les questions de sécurité à l’est du pays, et notamment dans des zones bien localisées, Bintou Keita a souligné le travail de soutien de la Monusco aux forces armées congolaises et aussi à la police.

La pression sur les groupes armés reste la grande préoccupation. Ainsi, elle a précisé que la Police nationale travaille de tandem avec l’Armée nationale congolaise pour faire la pression sur les groupes armés, qui se dispersent et se fragmentent et bougent en dans l’Ituri, dans le Sud-Kivu et le Nord-Kivu. Les autres sont pourchassés et vont jusqu’à Irumu.
Pour Bintou Keita, il y a lieu de renforcer le soutien de la Monusco.

Par ailleurs, la Monusco entend miser en priorité sur les tireurs de ficelles à l’est du pays. Du côté de la mission onusienne, on estime qu’il faille à tout prix miser sur une désolidarisation des communautés par rapport aux groupes d’autodéfense.  » Il y a une complicité entre les tireurs de ficelles, les communautés qui, dans le contexte des groupes d’autodéfense, soutiennent justement les tireurs de ficelles »,  a indiqué Bintou Keita.

Poursuite des acquis

La poursuite du travail des bons offices, la protection des civils, la problématique des déplacés, la guerre contre les tireurs de ficelle, la restauration de la justice, le DDR, voilà les six axes au cœur du mandat de Bintou Keita à la tête de la mission onusienne en RDC.

Premièrement, il y a tout le travail des bons offices qui a été fait par son prédécesseur, Leila Zerrougui et qui a été reconnu de tous annonce Bintou.
Deuxièmement, il y a la protection
des civils, puisque c’est là où la visibilité est la plus grande en ce qui concerne les casques bleus qui sont déployés notamment à l’est du pays. Il y également la situation des centaines de milliers de
personnes déplacées qui ne peuvent plus retourner chez elles, qui sont protégées par les casques bleus.

Tout en rendant hommage aux efforts qui sont faits par l’auditorat militaire avec des actions qui sont faites pour mener les enquêtes
et les amener jusqu’au jugement, la cheffe de l’organisation onusienne en RDC a souligné l’importance du secteur de la justice.

Elle a souligné l’arrestation des figures symboliques et leur condamnation avec l’appui des collaborateurs et collaboratrices de la Monusco qui travaillent dans le secteur de la justice et qui appuient l’auditorat militaire.
La question du recrutement des enfants dans les groupes armés est également au centre des préoccupations, tout en signalant que des milliers d’enfants ont été séparés des groupes armés.

Au cours de ce point de presse, la première de l’ONU en RDC a annoncé que son institution attend la signature de l’ordonnance par le Président et la définition du nouveau programme de Démobilisation, Désarmément Réinsertion (DDR) à integration communautaire.

Appel à la presse

En outre, la cheffe de la Monusco demande à la presse de changer sa perception des choses. Elle invite les hommes et femmes des médias à bannir des portraits qui sont toujours fait dans un sens d’accusation, de non appréciation des efforts qui sont faits.

Tout le poids de l’échec dans la lutte contre les forces négatives ne doit pas seulement reposer sur la Monusco a estimé Bintou Keita. « C’est quand même un accompagnement du pays, ce n’est pas une substitution au pays », a-t-elle martelé.

« Après tant d’années où on a pris notre indépendance, on aimerait bien pouvoir, dans plusieurs domaines, marquer que nous sommes en dehors d’une certaine forme de tutelle », souligne la représentante spéciale d’Antonio Guterres en RDC.

Christiane MUNOKI EKAMBO

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