La Cenco alerte : « une prise en charge convenable des enseignants et des écoles est requise pour sauver la gratuité de l’enseignement « 

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A gauche, l'Abbé Donatien Nshole, Secrétaire Général de la Cenco, mercredi 13 janvier 2021 lors du point de presse sur l'état des lieux de la gratuité en RDC

L’Eglise catholique n’a jamais eu l’intention de saboter la disposition constitutionnelle de la gratuité de l’enseignement. Au contraire, elle y apporte son accompagnement. En effet, dans 98,8% des Écoles Conventionnées Catholiques les parents ne paient rien pour la scolarité de leurs enfants.

Ces écoles ont désespérément essayé de trouver des solutions locales face aux problèmes non résolus par le ministère de tutelle. Paradoxalement, ces écoles ont dû cautionner certaines injustices à savoir: la ponction des frais de fonctionnement déjà modiques et le fait de faire travailler les élèves pour l’autofinancement. L’Eglise Catholique qui gère 40.851 enseignants ( Nouvelles unités -NU) et 13.566 (Non Payés-NP) à l’école primaire déplore que ces derniers travaillent sans être payés par l’État.

Et l’église de se poser la question suivante: Comment un enseignant peut-il vivre avec 10.000 FC, soit 5 $ mensuellement ? A cette interrogation majeure, l’Église catholique répond :
« Il n’y a qu’une seule solution efficace pour sauver la gratuité de l’enseignement, à savoir la prise en charge convenable des enseignants et des écoles par le Trésor public comme promis ».
Tel est le message central du point de presse de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (Cenco) qui s’est tenu ce mercredi 13 janvier 2021 dans la salle des conférences du centre Interdiocésain de Kinshasa.

A cette occasion, l’abbé Donatien Nshole, Secrétaire Général de la Cenco, a présenté le rapport de l’état des lieux de la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement dans les écoles conventionnées Catholiques en RDC et les recommandations de la Cenco. Cet état des lieux intervient au terme du premier trimestre de la deuxième année de la gratuité.

Plusieurs difficultés

La Cenco a épinglé plusieurs maux qui concourent à l’heure actuelle à la baisse sévère de la qualité de l’enseignement. Il s’agit notamment du surpeuplement des classes, démotivation des enseignants, arrêts récurrents des courts, délabrement avancé des infrastructures scolaires. La Cenco constate que la gestion de la gratuité souffre d’un déficit de leadership au sein du secteur éducatif, caractérisé par des actions de court terme, l’absence de vision, de planification et de budgétisation dans la durée.

Soutien de l’Église

Au vue  de ce tableau sombre, les Évêques catholiques Congolais sont déterminés à travailler sans relâche pour accompagner le processus de la gratuité de l’enseignement de base en RDC.
Le vœu des princes de l’Eglise est également de voir la nouvelle gouvernance se pencher en toute urgence sur ce dossier afin de ne pas compromettre l’avenir des milliers d’enfants de la RDC.

La Cenco reste déterminée à accompagner le processus de la gratuité de l’enseignement de base qu’elle considère irréversible.

Ils ont émis des recommandations en 7 points afin d’assurer l’efficacité et la pérennité de la gratuité. 1. Revisiter la création des provinces éducationnelles et des Bureaux Gestionnaires budgétivores. 2.Rationaliser la création des écoles et Bureaux gestionnaires. 3. Procéder au paiement de tous les enseignants NU trouvés en poste au moment de l’annonce de la gratuité.  4. Réformer en profondeur le SECOPE.5. Revoir la rémunération des enseignants. 6. Augmenter les frais de fonctionnement des écoles et des Bureaux Gestionnaires. 7. Soutenir la gratuité par des financements alternatifs (taxes et impôts) au bénéfice de l’éducation.

NOTO Ben

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