RDC: l’Église catholique signale un risque de balkanisation dans 3 provinces à l’Est

0
94

Ce plan de balkanisation concerne les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans l’Est de la RD Congo, révèle le diocèse de Butembo-Beni. Il serait exécuté par des présumés rebelles ougandais des forces démocratiques alliées-ADF qui mènent depuis 2014 des tueries, des kidnappings et des pillages des biens des civils. L’alerte est couchée dans un rapport accablant rendu public le 19 décembre 2019 en ville de Butembo.

A travers sa Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP/Butembo-Beni), le diocèse de Butembo-Beni dénonce la persistance des atrocités des assaillants à l’endroit des civils sur l’ensemble de Beni en dépit du lancement des opérations militaires dénommées « des grandes envergures » depuis fin octobre 2019 par l’armée congolaise contre les groupes armés, notamment les combattants des forces démocratiques alliées-ADF, auteurs présumés des massacres de plus 2 mille personnes aux côtés des portés disparues et des pillages.

« Suite au lancement des offensives militaires contre les ADF à Beni, plusieurs attaques de représailles sur les populations civiles dans les zones rurales ainsi que la ville de Beni ont été enregistrées. Depuis cette date, plus de 150 personnes « civiles » ont été tuées dans les attaques armées, dont la plupart en ville et territoire de Beni. Certaines de ces attaques ont été menées en face des bases de la MONUSCO à savoir, à Boikene et à Mayimoya », lit-on dans ce rapport intitulé « alerte : un risque très imminent de balkanisation de l’Est de la RD Congo »

Qui tue réellement à Beni ?

Dans la région de Beni où sévit aussi la dixième épidémie d’Ebola depuis 2018, plusieurs sources tant militaires que civiles attribuent ces tueries aux combattants ougandais des forces démocratiques alliées-ADF.

Dans son document, l’église catholique donne une autre version des faits. Elle impute plutôt cette insécurité aux rebelles étrangers et locaux qui se seraient déjà infiltrés au sein de l’armée congolaise à partir du Nord-Kivu.

« Il s’agit à ce niveau des officiers militaires venus des mouvements politico-militaires tels que le RCD de Mr Ruberwa, le CNDP, M23, etc. intégrés dans l’armée sous l’ancien régime politique, apparemment complice qui, depuis longtemps brillait dans l’inaction et l’insouciance devant ces massacres jusqu’à leur fin mandat. Ce sont des officiers supérieurs militaires congolais bien connus », révèle le rapport.

« Ce qui rend difficiles les opérations au point que l’ennemi se joue toujours de l’assaut de nos militaires loyalistes qui tombent victimes des embuscades lui tendues par l’ennemi », écrit l’église catholique.

Des tueurs domestiques et sauvages ?

Au cours des atrocités à l’encontre des civils dans cette partie du pays, les assaillants emportent des chèvres, des poules, des motos voire même un moteur de marque « CHANGFA » lors de leur incursion dans le quartier Boikene en ville de Beni l’année dernière. « Après avoir opéré, les rebelles disparaissent directement. Notre armée peut les pourchasser mais en vain. Nous nous demandons comment ils transportent des biens lourds qu’ils ont pillés. Qu’on nous dise la vérité sur les tueurs », s’exclame Fabrice Kasomo, habitant de la localité d’Eringeti maintes fois la cible de l’ennemi.

Sur ce, la Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP/Butembo-Beni) tente d’éclairer sur le mode opératoire des auteurs des massacres.

« Un groupe d’ennemis qui se serait infiltré dans la communauté vit parmi le peuple dans certains enclos de la ville de Beni qui seraient des demeures de certains officiers complices. Un autre groupe par contre serait dans la brousse. Ce qui fait que, lorsque ce dernier connait une défaite en brousse, celui de la ville le venge en massacrant, sans merci la population civile », apprend-on de la même source.

Et de plaider : « la Justice Congolaise, la CPI et la communauté internationale doivent se servir de ces rapports pour mettre la main sur tous ces officiers supérieurs militaires congolais et leurs complices pour les mettre à la disposition de la justice ».

Dans la série de recommandations, le diocèse de Butembo-Beni demande au gouvernement congolais à prendre au sérieux l’alerte au sujet de la balkanisation du pays.

« Sinon il risque d’être surpris quand la balkanisation aura commencé. Il y a des officiers auquel il ne doit plus faire confiance. Il faut les éloigner stratégiquement… », déclare-il, en exigeant une opération du genre « Artémis » qui avait, selon l’église catholique montré ses preuves dans l’Ituri afin de répondre à « l’inefficacité » actuelle des FARDC et d’éviter le « génocide » à Beni et la balkanisation de l’Est de la RD-Congo.

Djiress BALOKI depuis Butembo

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici