RDC: les Nations-Unies lancent un plan conjoint pour la reprise des activités de lutte contre Ebola à Biakato

0
17

Les agences des Nations-Unies, la MONUSCO et le Département de la sûreté et de la sécurité -UNDSS- ont lancé un plan conjoint incluant la mise en place d’un pont aérien entre Beni au Nord-Kivu et Biakato en Ituri, deux zones touchées par la dixième épidémie d’Ebola en RD-Congo, mais aussi secouées par l’insécurité.

Objectifs de la décision : « améliorer le soutien sécuritaire et permettre la pleine reprise des activités de lutte contre Ebola dans la zone, en coordination avec les autorités congolaises », indique un communiqué de presse publié lundi 16 décembre à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.

Cette mesure a été décrétée suite aux attaques meurtrières en date du 27 au 28 novembre à l’encontre des équipes engagées dans la lutte contre le virus Ebola à Mangina et Biakato.

« Avec ce plan de sécurité renforcée, nous rassemblons les expertises de chacun pour offrir une approche holistique qui permet de soutenir les équipes de la riposte directement ciblées par les attaques », a souligné Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général en RD-Congo et Cheffe de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD-Congo -MONUSCO-, cité dans ce document.

Les équipes de la riposte prêtes à sauver des vies malgré les attaques armées

Avant les attaques qui ont coûté la vie à quatre agents de la riposte, Mangina et Biakato étaient parmi les derniers points chauds de l’épidémie et le nombre de cas d’Ebola avait fortement chuté. Depuis, les activités ont été réduites au strict minimum et avaient dû être suspendues pendant plusieurs jours.

Par ailleurs, « Nos équipes de première ligne sont déterminées à continuer à intervenir pour arrêter l’épidémie d’Ebola et sauver des vies. Nous continuons à travailler aussi bien dans les zones où la transmission est déjà contrôlée que dans les zones actives. Nous le faisons aussi à la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie. Des équipes sont déjà retournées au travail à Biakato pour la reprise des activités de la riposte, comme la vaccination, qui ont pour but de protéger la santé de la population. Mais la bravoure ne suffit pas : nous devons pouvoir garantir leur sécurité », a assuré le Dr Ibrahima Socé Fall, sous-directeur général chargé des interventions dans les situations d’urgence pour l’Organisation Mondiale de la Santé -OMS.

Pour François, chargé des Enterrements Dignes et Sécurisés à Biakato, la suspension des activités a perturbé la riposte mais le travail sans relâche des équipes de la communauté locale qui sont restées sur place a permis de mitiger l’impact.

« C’est notre responsabilité de protéger nos communautés et malgré les conditions difficiles, il fallait qu’on continue. Surtout qu’ici, on avait presque réussi à vaincre la maladie donc on voulait tout faire pour éviter une nouvelle flambée », a-t-il fait savoir en saluant l’engagement des équipes locales restées dans la zone en prodiguant des soins essentiels et en maintenant le centre de traitement Ebola construit dans cette localité en territoire de Mambasa.

Etre à l’écoute des communautés et les soutenir sont les priorités des agences engagées dans la lutte contre Ebola. Le Programme Alimentaire Mondial soutiendra les efforts de la riposte en assurant l’approvisionnement en assistance alimentaire pour les communautés et les personnes affectées par Ebola dans les centres de traitement, chute le communiqué.

Depuis le début de l’épidémie en août 2018 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le cumul des cas est de 3.348, dont 3.230 confirmés et 118 probables. Au total, il y a eu 2.213 décès (2095 confirmés et 118 probables) et 1089 personnes guéries ainsi que 491 cas suspects en cours d’investigation.
Djiress BALOKI

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici