RDC: Vulgarisation du processus de Maputo en faveur des points focaux Genre

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Dans le cadre de la vulgarisation du Protocole de Maputo-PM- auquel la RD-Congo a adhéré sans réserve en 2008, le ministère du Genre, famille et enfant a procédé du 27 au 28 novembre au renforcement des capacités des points focaux Genre.

Cet atelier organisé sous l’auspice de la ministre d’État, ministre du genre, famille et enfant, Béatrice Lomeya, s’est déroulé dans la salle polyvalente du secrétariat général, située dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, capitale de la RD-Congo avec l’appui technique et financier de l’IPAS, ONG internationale qui s’attèle à mettre un terme à la mortalité maternelle.

Adopté en 2003 au Mozambique, lors de la deuxième session ordinaire de l’Union Africaine-UA-, le Protocole de Maputo est le document par excellence de la non-discrimination à l’égard de la femme. En effet, le Protocole de Maputo est une avancée notoire en matière de promotion des droits de la femme en Afrique. Ce texte symbolise de façon décisive et radicale l’engagement des États africains à mettre un terme aux discriminations et aux violences faites aux femmes.

Focus sur le droit à la santé reproductive

Durant deux jours, les points focaux genre ont été éclairé à travers différents exposés des experts sur la nécessité de la sensibilisation et vulgarisation de ce document de référence pour l’intérêt général de la femme. Lors de la présentation des attentes dudit Protocole, Jean-Alphonse Tshika, directeur-conseiller technique à la Cellule d’études et planification de la promotion de la femme et de la famille et de la protection de l’enfant-CEPFE- a souligné que le ministère en charge du genre fait un focus sur l’article 14 relatif au droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction.

Le conseiller Tshika a également souligné que la mise en oeuvre effective en RD-Congo du Protocole de Maputo en ce qui concerne les droits relatifs à la santé de la reproduction pourrait permettre la réduction du taux élevé de mortalité maternelle. Parlant des évidences de l’ampleur et des conséquences des grossesses non désirées et des avortements clandestins dans le monde et en RD-Congo, le chargé de programme des l’IPAS, Dr Jean-Claude Mulunda a indiqué que l’avortement est la deuxième cause de mortalité dans le pays où 14 femmes meurent chaque jour, soit une femme toutes les 2heures.

Une situation dramatique qui doit interpeler tout le monde. ” Dans notre pays, la population doit être sensibilisé au lourd tribut que paient les femmes lorsqu’elles sont contraintes d’avorter clandestinement ou de recourir à des méthodes dangereuses”, a-t-il martelé.

Le Protocole de Maputo répond à cette problématique en son article 14 alinéa 2c qui demande aux États de prendre toutes les mesures appropriées pour protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale ou physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus.

En vrai animateur de l’atelier, le conseiller en plaidoyer de l’IPAS, Robert Wangachume a emballé les points focaux avec la traversée de la igne pour démontrer le paradoxe entre le pseudo rejet de l’avortement par la société congolaise et le taux de mortalité élevé dû à l’avortement non médicalisé. Il a indiqué qu’il est important de mettre l’accent sur la santé de la reproduction. ” Les coutumes et pratiques néfastes figurent parmi les défis majeurs de la RD-Congo en rapport avec la promotion de l’égalité et de l’équité du genre”, a-t-il martelé.

À la lumière d’un cours magistral, Me Arthur Matengo, conseiller juridique au secrétariat genre du genre a fait le parallélisme entre le PM et la loi sur la parité du 1er août 2015 de la RD-Congo en sa thématique 1 portant sur ” l’égalité et la non-discrimination “. Il a également souligné les innovations contenues dans le code de la famille modifié du 15 juillet 2016, notamment la suppression de l’autorisation maritale, la suppression de l’émancipation automatique du mineur par l’effet du mariage.

En outre, dans son mot de clôture, Claudine Isekusu, coordonnateur national adjoint a.i de la CEPFE a invité les points focaux à assurer la vulgarisation de ce protocole dans leur ministère respectif.

Elle a déclaré :” On vient d’atterrir, après deux jours d’intenses travaux dont le but était d’améliorer vos connaissances sur le Protocole de Maputo en vue de vous en approprier pour promouvoir les politiques et lois favorables aux droits des femmes en général et aux droits à la santé sexuelle et de reproduction en particulier dans notre pays et pour le bien de nos population”

Christiane MUNOKI EKAMBO

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