Beni : face à l’insécurité, les professionnels de santé d’Oïcha durcissent leur grève

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Mouvement de protestation du personnel soignant à l'est de la RDC
Dans le territoire de Beni, les professionnels de soins de santé d’Oicha ont décidé ce dimanche 5 octobre de durcir leur mouvement de grève. Un mouvement de protestation déclenché depuis le vendredi dernier.

Ils s’insurgent contre la persistance de l’insécurité dans cette partie de la province du Nord-Kivu. Selon ces professionnels de soins de santé, l’insécurité persistante impacte négativement sur leur service.

Dans plusieurs villages et agglomérations du territoire de Beni, voire la ville de Beni, cette instabilité sécuritaire est caractérisée par des tueries, enlèvements des civils et des pillages. Depuis 2014, ces actes sont imputés aux combattants de la rébellion ougandaise des forces démocratiques alliées (ADF).

Dans un mémorandum adressé au chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, le mercredi 30 septembre, ces prestataires de soins déplorent la tuerie de plus de 2 mille civils y compris « les professionnels de santé ».

Ils dénoncent également la fermeture et le disfonctionnement de certaines structures de santé suite au phénomène de massacre à Beni.

« Les Aires de santé non fonctionnelles à cause de l’insécurité sont le Centre de Santé Mbutaba, Centre de Santé Maleki Centre de Santé Kukutama »,  lit-on dans leur document.

On cite aussi les Centre de Santé Totolito, Centre de Santé Kokola, Centre de Santé Mambau. La liste englobe également les Centre de Santé Apetina, Centre de Santé Musuku, Centre de Santé de Bunzumu ainsi que le poste de Santé Ngele.

A l’unanimité les intersyndicaux de l’Ordre des Médecins, de l’Ordre des Infirmiers ont décidé de prolonger leur mouvement de grève pour deux jours soit lundi 5 et mardi 6 octobre.

Décision prise ce dimanche lors de l’évaluation de leur première action de contestation. Les responsables des officines pharmaceutiques et des tradipraticiens présents à cette réunion d’évaluation, sont aussi parties prenantes du durcissement de la grève.

« Après la réunion d’évaluation de 48heures de grève sèche, notre attitude c’est un étonnement d’abord et inquiétude vis-à-vis de l’indifférence de nos autorités politico-administratives », a déclaré le porte-parole des soignants, le Docteur Didier Nzemeko.

Ce dernier souligne que malgré toutes les démarches menées, les autorités manifestent une insouciance face aux revendications des personnels soignants.

« Après analyse et débat, nous observons une grève sèche de 48heures encore et éventuellement envisagés un sit-in au bureau du territoire de la santé », a-t-il renchéri.

Des revendications des prestataires de santé

Dans la lettre au Président de la République, les grévistes plaident pour des opérations militaires de grande envergure contre les rebelles présumés ADF.  Ces rebelles sont auteurs de l’insécurité dans cette partie du pays ainsi que contre les groupes armés nationaux. « donnez tous les moyens nécessaires aux FARDC, à la Police Nationale Congolaise et aux services de sécurité pour que cette fois-ci l’on en finisse définitivement avec ces inciviques », demandent-ils.

Outre la sécurisation des structures sanitaires, le personnel et les membres de la communauté bénéficiaire des soins, les professionnels de santé exigent au chef de l’Etat de s’impliquer personnellement par sa présence sur terrain.

Ceci pour la  matérialisation de l’instauration de la sécurité en territoire de Beni en général et dans la Zone de Santé Rurale d’Oicha en particulier, estiment ces grévistes.

Si leurs revendications ne sont pas prises en compte, ils menacent d’étendre cette grève sèche vers d’autres zones de santé voisines à celle d’Oïcha.

La grève devra couvrir également  les zones touchées par les atrocités causées par les combattants d’ADF. C’est entre autres la zone de santé de Beni, de Mutwanga, Kamango et Mabalako.

 

Djiress BALOKI (Correspondant région Grands-Lacs)

 

 

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