Lubero : la localité de Biambwe toujours paralysée, quatre jours après les massacres

Quatre jours après les massacres de civils attribués aux combattants ADF/MTM-ISCAP, la localité de Biambwe, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, peine toujours à retrouver un semblant de normalité. Les activités socio-économiques restent totalement à l’arrêt, et la population continue de fuir la zone, redoutant de nouvelles incursions.

Selon la société civile locale, la présence des éléments de la coalition FARDC-UPDF est bien visible dans la région, mais la peur demeure profonde. Son président, Nzanzu Achille, décrit une localité presque vidée de ses habitants, livrée à une incertitude sécuritaire persistante.

« Le calme revient petit à petit. Malheureusement, la population continue d’abandonner le village et se dirige vers les milieux qu’elle estime sécurisés. La majorité prend la direction de la ville de Butembo », explique-t-il.

Les habitants de Biambwe n’accèdent plus à leurs champs, désormais considérés comme des zones à haut risque. Les activités agricoles, uniques sources de subsistance pour la plupart des familles, sont totalement interrompues.

La société civile appelle les forces de défense à intensifier les opérations contre les auteurs des récents massacres.

« Nous demandons une traque sans merci des égorgeurs, supposés ADF, qui rôdent encore autour de Biambwe », martèle-t-elle.

La situation humanitaire s’est aggravée après l’incendie du centre de santé local, un acte que des témoins attribuent à une communauté de sœurs catholiques présente dans la zone. Depuis cet incident, aucun service de santé ne fonctionne dans la localité.

« Toutes les activités sont paralysées. L’hôpital est fermé, les écoles aussi. Il n’y a même plus d’accès à la brousse. Le village est presque désert », déplore le président de la société civile.

Pour honorer la mémoire des victimes, la société civile a décrété une journée de deuil ce jeudi. Malgré quelques tentatives de réouverture de petites boutiques par les rares habitants encore présents, la majorité des activités est restée fermée.

Biambwe, frappée par la violence et la désolation, attend désormais des actions fortes pour restaurer la sécurité et permettre un retour progressif des familles déplacées.

Gloire TSONGO/ Beni

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