Le ministre national de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières a ordonné la suspension immédiate de l’opération présentée comme un programme de rachat d’armes à feu et de munitions, récemment annoncée à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu, par les autorités militaires provinciales. Bien que dévoilée dans la ville de Beni, cette initiative devait couvrir l’ensemble de la province.
La décision figure dans un télégramme officiel daté du 15 novembre 2025, signé par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo. Dans ce document, Kinshasa instruit formellement le gouverneur militaire du Nord-Kivu de suspendre immédiatement l’activité appelée « Arme contre argent ».
Selon le télégramme, la poursuite de cette opération pourrait aggraver la situation sécuritaire dans la région et entamer l’image du pays auprès des Nations unies. Une réunion de cadrage entre le ministère de l’Intérieur (MININTERSEDECAC) et celui de la Défense (MIDNAC) est prévue afin de définir un cadre clair avant toute éventuelle reprise.
Au niveau provincial, l’opération était présentée comme une campagne de ramassage volontaire d’armes, dans laquelle les civils pouvaient remettre des armes en leur possession en échange d’une compensation financière fixe : 100 dollars pour une arme de type AK-47, 200 dollars pour une arme d’appui et 1 dollar par munition. Elle visait, selon le gouvernorat, à réduire la prolifération des armes légères sur l’ensemble du Nord-Kivu.
Toutefois, pour le gouvernement central, la démarche s’apparente davantage à un rachat d’armes, une pratique sensible nécessitant un encadrement strict en raison de ses implications sécuritaires et diplomatiques.
Plusieurs services nationaux, dont l’ANR, la DGM et la PNC, ont également été mis en copie du télégramme. L’opération demeure donc suspendue sur toute l’étendue du Nord-Kivu, en attendant les orientations issues de la réunion annoncée.

Gloire TSONGO/ Beni