De la parole aux actes: Le discours du Président de la République sur l’état de la Nation

Félix Tshisekedi, Président de la RDC

Le président de la République, M. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a prononcé ce lundi 8 décembre 2025 le traditionnel discours sur l’état de la Nation devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès au Palais du Peuple.


Le président de la République a souligné que ce discours « n’est pas une simple formalité institutionnelle. C’est un rendez-vous de vérité, de redevabilité et d’espérance. Vérité sur ce que nous avons traversé, vérité sur ce que nous avons accompli, vérité sur ce qui reste à accomplir. Redevabilité envers notre peuple, qui a le droit de savoir dans quelle direction va la République. Espérance, enfin, parce que malgré les épreuves, nous demeurons debout, résolument tournés vers l’avenir ».


Face aux épreuves, le président de la République a salué la détermination et le courage exemplaire des Forces Armées ainsi que des patriotes Wazalendo, qui ont opposé une résistance farouche à l’offensive militaire déclenchée par la coalition AFC/M23 directement appuyée par l’armée rwandaise.

Il a rendu hommage à toutes les victimes de ce cycle infernal des violences tout en témoignant à leurs proches sa compassion la plus profonde.
Le président de la République a fixé l’opinion sur les priorités principales de séquences diplomatiques engagées à Washington avec le Rwanda sous l’égide du Président Donald Trump : obtenir le retrait total et vérifiable des troupes rwandaises, couper les circuits financiers et logistiques de la violence, en éradiquant l’exploitation illicite des ressources ; assurer la protection effective des civils ; ancrer la paix dans la durée, en combinant fermeté sécuritaire, relance du développement local et démarches de réconciliation au plus près des réalités de chaque communauté.

« Permettez-moi d’être parfaitement clair : ces accords ne consacrent aucune forme de partage de notre souveraineté. Ils ne valident ni les prétentions territoriales de qui que ce soit, ni la mise sous tutelle de nos ressources. Ils ne sauraient non plus être interprétés comme une amnistie déguisée des crimes perpétrés contre notre peuple. La justice suivra son cours, avec rigueur, jusqu’au bout, et sans complaisance afin d’honorer la mémoire de celles et ceux injustement tombés du fait de cette agression. Nous les assumons comme des leviers stratégiques au service d’une paix juste et vérifiable : non comme une concession, mais comme l’expression d’une volonté ferme de conjuguer l’efficacité de notre défense à la puissance de notre action diplomatique ».


Le président de la République a clairement dénoncé la mauvaise foi du Rwanda dont les supplétifs ont lancé des attaques — notamment à Kaziba, Katogota et Lubarika au Sud-Kivu — brisant le cessez-le-feu et en violation de l’accord de paix signé : « Fidèle à la parole donnée et aux mécanismes de vérification convenus avec nos partenaires, la République Démocratique du Congo n’esquivera jamais sa responsabilité de protéger ses populations partout où elles sont menacées ; elle privilégiera la voie diplomatique, mais ne renoncera ni à sa souveraineté ni à la sécurité de ses citoyens ».


Ensuite, le Chef de l’État s’est appesanti sur les grandes avancées dans les différents secteurs de la vie nationale qui traduisent sa vision articulée autour de six engagements : créer plus d’emplois et développer l’économie, protéger et renforcer le pouvoir d’achat, assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, développer un secteur industriel compétitif et diversifié, garantir l’accès aux services sociaux de base, renforcer l’efficacité des services publics.


S’agissant du pouvoir d’achat, le Président de la République a insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts pour lutter contre la vie chère qu’il considère comme une question de dignité pour chaque citoyen. Les résultats obtenus sont concrets : la baisse des prix à la pompe, la maîtrise des tarifs des biens alimentaires, le contrôle des circuits de distribution, avec un impact dans la vie quotidienne des ménages, sur les marchés et dans les transports : « la stabilité macroéconomique n’a de sens que si elle se ressent dans le panier de la ménagère », a dit le président de la République.


S’agissant de l’aspect économique, les indicateurs sont au vert: l’inflation est passée de 11,7% à fin 2024 à 2,5% en rythme annuel fin octobre 2025 ; le franc congolais s’est apprécié d’environ 29% par rapport au dollar, les réserves de change s’établissent à près de 7,4 milliards de dollars.


Malgré les chocs externes, l’année 2025 a vu se poursuivre des chantiers ambitieux : l’instauration d’un système de correction de l’examen d’État basé sur les technologies modernes et l’Intelligence artificielle, le lancement du diplôme électronique sécurisé par la technologie Blockchain, la gratuité des accouchements et des soins des nouveau-nés (plus de 2,6 millions d’accouchements ont été pris en charge dans quatorze provinces), l’identification biométrique de l’ensemble des fonctionnaires assortie de la publication d’annuaires alphanumériques. Des efforts qui contribuent à enraciner la culture d’excellence au cœur de l’Administration publique et renforcent la formation initiale et continue assurée par l’École Nationale d’Administration.


L’année 2025 a également connu le lancement des grands projets de modernisation des infrastructures et la mise en œuvre des projets d’électrification de grande ampleur dont le G25 d’Inga II, avec 193 MW, une puissance énergétique plus grande que celle de toute la République Centrafricaine. Dans le cadre de la « Mission 300 » qui vise à ordonner les investissements, l’accès à l’électricité passe de 9% en 2019 à 21,5% au cours de cette année, la progression la plus rapide de l’histoire. Les connexions routières ont été renforcées : 8 000 km de routes de desserte agricole entretenus. Des initiatives qui ne sont pas des simples chiffres. Mais qui s’inscrivent dans la vision présidentielle de désenclavement du pays, du nord au sud, de l’est à l’ouest.


Dans la série des annonces, le Chef de l’Etat a mentionné l’élection cette année de la RDC comme membre non permanent du Conseil de Sécurité pour la période 2026–2027, après avoir rejoint le Conseil des Droits de l’Homme à Genève et accédé à la Vice-présidence de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies ainsi qu’à la présidence en exercice de la CIRGL. Ces responsabilités attestent le rôle majeur que joue la RDC dans le concert des nations.


Le président de la République a mentionné d’autres faits saillants : le recrutement effectif de 2 500 nouveaux magistrats formés et intégrés dans le système de paie ; le démarrage des travaux du port en eaux profondes de Banana, la réhabilitation des tronçons clés de la ligne ferroviaire Matadi–Kinshasa, l’acquisition – pour la première fois en quarante ans – d’une drague multifonction permettant de reprendre le dragage de nos voies navigables, la construction de plus de 1 000 écoles supplémentaires dans le cadre du PDL-145 Territoires, l’acquisition de deux ATR 72 en 2026 au profit de la compagnie nationale AIR CONGO dont la mise en service de deux Boeing 737-800 a déjà permis de desservir onze lignes domestiques avant le déploiement d’un plan d’expansion sur quatorze destinations africaines, puis de liaisons vers l’Europe et le Moyen-Orient.


Sur la scène internationale, « la République Démocratique du Congo n’attend pas des aumônes : elle propose un partenariat. Nous sommes prêts à protéger nos forêts et à accélérer l’adaptation, si le monde accepte enfin de payer le juste prix de cette protection et de l’action locale. Nous sommes prêts à bâtir une économie décarbonée et inclusive, si les promesses se transforment en décaissements et en transferts de technologies. Nous sommes prêts à demeurer un pays-solution, mais dans un cadre de justice climatique et de prospérité partagée. »


Tout compte fait, « malgré les vents contraires, la République Démocratique du Congo n’a pas cédé. Elle ne s’est pas résignée. Elle n’a pas renoncé à elle-même. Elle a résisté, elle a avancé, et elle a prouvé, une fois encore, que la force d’une Nation ne se mesure pas à l’absence d’épreuves, mais à la capacité de les surmonter sans perdre son âme. » Aujourd’hui, plus que jamais, « nous savons où nous allons, avec qui nous y allons, et comment y parvenir. Notre cap est clair : protéger, produire, rassembler
Le Président de la République a clôt son allocution devant le Parlement par ces paroles prophétiques tirées des Saintes Ecritures : « Les ténèbres ne règneront pas toujours. République Démocratique du Congo lève-toi et sois éclairée, car ta lumière arrive !

Cellcom Présidence

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