Beni : la société civile d’Oicha dénonce des tracasseries à la barrière de Mavivi

Barrière de Mavivi à Oicha, territoire de Beni au Nord-Kivu

La société civile noyau d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni, alerte sur une nouvelle forme de tracasserie observée à la barrière de Beni-Mavivi, sur la route nationale numéro 4 (RN4). Selon cette structure citoyenne, certains agents de l’ordre exigeraient aux passants 1 000 francs congolais après vérification de leur carte d’électeur, une pratique jugée abusive et illégale.

Dans un entretien accordé ce jeudi, le premier rapporteur de la société civile d’Oicha, Darius Syayira, se dit profondément préoccupé par la persistance de ces agissements, alors même que des discussions ont déjà été engagées avec l’administration du territoire.

« Pour nous, c’est une désolation. Nous en parlons depuis longtemps. Lors d’une récente réunion avec l’administrateur, il avait promis de s’y investir. Malheureusement, la situation ne fait qu’empirer, surtout en cette période festive », déplore-t-il.

Il affirme que tout citoyen présentant sa carte d’électeur se voit contraint de payer cette somme, sans aucune justification :
« On vous somme de payer 1 000 francs après avoir présenté la carte. On ne comprend pas pourquoi ce comportement persiste sous les yeux de tout le monde », s’indigne-t-il.

La société civile redoute que la situation soit encore plus grave sur les routes de desserte agricole, éloignées des regards. Elle accuse certains militaires et policiers commis aux postes de contrôle d’imposer des frais illégaux qu’ils appelleraient “l’argent du café”.

« Cela se passe de jour comme de nuit. Pourtant, ces agents perçoivent un salaire et leur mission est de protéger la population, non de la tracasser », insiste Darius Syayira.

Face à cette situation, la société civile appelle l’administrateur militaire du territoire de Beni ainsi que le gouverneur militaire du Nord-Kivu à intervenir urgemment pour mettre fin à ces pratiques, d’autant plus que la barrière de Mavivi se situe à quelques kilomètres seulement de la résidence du gouverneur.

Elle invite également la population à refuser de payer ces frais illégaux, rappelant qu’ils ne reposent sur aucune base légale.

Gloire TSONGO, depuis Beni

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