La République démocratique du Congo a réaffirmé, ce mercredi à Nairobi, son engagement ferme pour la protection et la gestion durable de ses tourbières, l’un des écosystèmes les plus stratégiques pour la lutte contre le changement climatique. En marge de la 7ᵉ Assemblée des Nations unies pour l’Environnement, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a présenté la Stratégie nationale de protection des tourbières, un document ambitieux destiné à préserver cet immense réservoir naturel de carbone.
Abritées au cœur de la Cuvette centrale du bassin du Congo, les tourbières congolaises constituent le plus grand massif de tourbières tropicales du monde, avec plus de 16 millions d’hectares et près de 30 milliards de tonnes de carbone stockées. Un patrimoine que la ministre qualifie d’« assurance-vie climatique » pour l’Afrique et la planète.
Pour répondre aux menaces que sont la déforestation, les pressions agricoles, l’exploitation illégale ou encore les infrastructures non durables, la stratégie nationale repose sur quatre axes prioritaires à savoir la cartographie, recherche et surveillance ; la gouvernance et cadre juridique ; la préservation par les communautés locales ainsi que la valorisation durable et financements climat.
« La préservation des tourbières n’est pas une option, mais une priorité nationale et un devoir envers les générations futures », a insisté la ministre.
Parmi les avancées, la ministre a salué le lancement du Programme national Tourbières, le partenariat RDC–Indonésie dans le cadre de l’International Tropical Peatlands Center (ITPC), la validation des premières cartes de la Cuvette centrale et l’inclusion des tourbières dans la Contribution Déterminée au niveau National (CDN).
Cependant, la RDC appelle à une solidarité internationale renforcée, soulignant que la sauvegarde de ces écosystèmes dépasse les capacités d’un seul pays. Les besoins concernent notamment le financement climatique, des alternatives énergétiques à grande échelle et des transferts technologiques adaptés.
Pour assurer une protection durable, la ministre demande des mécanismes de financement équitables proportionnels à l’importance climatique des tourbières, ainsi qu’une reconnaissance internationale accrue de ces zones humides uniques.
« La RDC joue pleinement son rôle dans la lutte contre le changement climatique. Mais préserver un écosystème aussi vaste exige une solidarité authentique », a conclu la Professeure Marie Nyange Ndambo, invitant les Nations unies et les partenaires internationaux à accompagner le pays dans cette mission cruciale.
Christiane EKAMBO