Douze ans se sont écoulés depuis l’assassinat du général Mamadou Ndala Mustapha, figure emblématique des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), tué dans une embuscade le jeudi 2 janvier 2014 à Ngadi, sur la route nationale n°4 reliant Beni à Eringeti, dans la province du Nord-Kivu.
Ce vendredi 2 janvier 2026, la ville de Beni s’est recueillie pour honorer la mémoire d’un officier dont la détermination et l’engagement continuent de marquer les esprits.
Attribuée aux rebelles ADF, cette attaque avait brutalement mis fin à la vie de celui que de nombreux Congolais considèrent encore comme un héros national. Le général Mamadou Ndala s’était notamment illustré par son rôle déterminant dans les opérations militaires ayant permis la reconquête de plusieurs zones auparavant occupées par la rébellion du M23, redonnant espoir à des populations longtemps éprouvées par la guerre.
À l’occasion de cette commémoration, la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), antenne du Ruwenzori, a salué la mémoire d’un officier courageux, tout en dressant un constat préoccupant de la situation sécuritaire actuelle dans l’Est du pays.
« Cela fait douze ans que le colonel Mamadou Ndala a été assassiné à Ngadi, à Beni, au Nord-Kivu. Malheureusement, la région demeure toujours sous la menace de groupes armés tels que les ADF et le M23 », a déclaré Me Merveille Sikwaya, coordonnateur de la CRDH.
Du côté de la jeunesse de Beni, le souvenir de Mamadou Ndala ravive à la fois l’admiration et l’espoir d’un retour durable à la paix.
« Mamadou n’avait pas peur. Il voulait nous voir vivre libres. Nous devons accepter de nous sacrifier pour notre patrie », confie un jeune habitant.
« Aujourd’hui, nous demandons aux autorités de rétablir la paix afin que nous puissions retourner dans nos champs, abandonnés à cause de l’insécurité », ajoute un autre.
D’autres voix appellent à un sursaut patriotique et à une responsabilité collective face à l’insécurité persistante.
« Nous regrettons que certains n’aient pas suivi l’exemple de Mamadou Ndala à cause de la corruption. En ce jour mémorable, nous appelons toute la population du Nord-Kivu et de la RDC à s’engager pour la paix », a insisté un habitant de Beni.
« La sécurité est l’affaire de tous. La population doit dénoncer à temps toute présence suspecte afin de bâtir la paix durable que Mamadou Ndala recherchait et pour laquelle il s’est battu », a-t-il conclu.
Douze ans après sa disparition, le général Mamadou Ndala demeure une référence pour de nombreux Congolais. Son nom reste associé au courage, au patriotisme et à l’espoir d’un Est de la RDC enfin pacifié.
Gloire TSONGO/Beni