L’insécurité demeure particulièrement préoccupante dans la ville de Butembo et ses environs, dans la province du Nord-Kivu. Un rapport publié par le Réseau pour les Droits de l’Homme (REDHO) dresse un tableau alarmant de la situation sécuritaire enregistrée au cours de l’année 2025.
Selon ce rapport de monitoring, 92 cas de meurtres et assassinats ont été documentés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025 dans la ville de Butembo. Les victimes sont majoritairement des hommes, avec 76 personnes de sexe masculin contre 16 femmes. Le document précise également que 12 décès sont liés à des actes de justice populaire.
« Dans ce rapport de monitoring des cas de meurtres et assassinats à la ville de Butembo et ses environs, la REDHO a documenté 92 cas, dont 76 personnes de sexe masculin et 16 de sexe féminin. Parmi ces cas, 12 sont des victimes de la justice populaire », précise la coordination du REDHO.
L’organisation souligne que certains mois ont été particulièrement meurtriers, notamment mars, avril et août. Les crimes recensés comprennent des assassinats à l’arme blanche, par balle, des décapitations, ainsi que des morts consécutives à des attaques armées ou à des règlements de comptes.
Plusieurs victimes ont été tuées lors d’incursions nocturnes, d’autres dans leurs champs ou à domicile, illustrant l’ampleur et la gravité de l’insécurité à laquelle est confrontée la population civile.
Le rapport met également en évidence la persistance de la justice populaire dans plusieurs quartiers de Butembo et dans certaines entités voisines. Des personnes soupçonnées de vol, de sorcellerie ou de collaboration avec des groupes armés ont été exécutées par la population, en dehors de toute procédure judiciaire.
« Vu la recrudescence des cas de meurtres et d’assassinats, nous appelons les responsables des services de sécurité à redoubler d’efforts afin de prévenir d’autres crimes similaires », insiste le REDHO.
Par ailleurs, la situation sécuritaire reste dramatique sur l’axe Butembo–Manguredjipa, dans le territoire de Lubero. Selon cette organisation de défense des droits humains, plus de 540 personnes auraient été massacrées dans 39 villages, bien que le nombre exact de victimes demeure difficile à établir.
« En dehors des cas enregistrés à Butembo, nous avons documenté plus de 540 personnes massacrées dans 39 villages sur l’axe Butembo–Manguredjipa », indique la coordination du REDHO.
Face à cette situation, l’organisation exhorte les instances judiciaires nationales et internationales à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier et de traduire en justice les auteurs de ces crimes, conformément à la loi. Elle appelle également la population à renforcer sa collaboration avec les services de sécurité.
« Nous demandons à la population, en particulier aux jeunes, d’éviter la justice populaire et de dénoncer tout mouvement suspect aux services de sécurité », conclut le REDHO.
Dans une ville déjà fragilisée par des années d’insécurité, ces chiffres rappellent l’urgence d’actions concrètes, coordonnées et durables pour enrayer la spirale de violences qui continue de coûter la vie à de nombreux civils à Butembo et dans ses environs.
Gloire TSONGO/Beni