Nord-Kivu : 73 policiers des frontières formés au respect des droits humains à Kasindi

Soixante-treize (73) agents de la Police des frontières congolaise, dont douze (12) femmes, ont bénéficié d’une séance de sensibilisation sur le respect des droits humains, le mercredi 7 janvier, à Kasindi-Lubiriha, cité frontalière du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu.

Cette activité a été organisée par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) de la MONUSCO.
L’initiative visait à renforcer les capacités des forces de l’ordre appelées à intervenir dans un environnement sécuritaire sensible, marqué par d’importants mouvements transfrontaliers et l’activisme de groupes armés.

Les participants ont été édifiés sur leurs obligations en matière de protection des civils, le respect du droit international humanitaire, ainsi que sur la prévention et la répression des violences sexuelles liées aux conflits. Les échanges ont également porté sur les droits des personnes privées de liberté et sur le rôle central des responsables hiérarchiques dans la prévention des abus et la sanction des comportements répréhensibles au sein des unités policières.

Pour le BCNUDH, cette formation répond à un besoin réel sur le terrain. Samuel-Cyprien Boroto, représentant du BCNUDH-MONUSCO à Beni, justifie la démarche :

« Cela faisait près de quatre ans que nous n’étions pas revenus à Kasindi. Ce sont des acteurs clés appelés à mettre en œuvre les engagements pris par le gouvernement congolais, que nous accompagnons dans notre mission de protection des civils. Il nous a donc paru opportun de renforcer leurs capacités opérationnelles afin de mieux protéger la population civile et de garantir le respect des droits de l’homme ».

Située à la frontière avec l’Ouganda, Kasindi constitue un point stratégique exposé à de nombreux défis sécuritaires, une réalité bien connue des autorités policières locales. Le commissaire principal Claude Kasereka Kambere, commandant du commissariat de Kasindi, a salué l’appui de la MONUSCO :

« Nous sommes à la frontière et faisons face à des problèmes complexes. Des criminels traversent la frontière la nuit, parfois armés, pour commettre des actes criminels. Rien que pour les mois de novembre et décembre 2024, nous avons arrêté 64 criminels, dont 12 Ougandais. Cette formation nous aide à mieux gérer les arrestations, les cas de violences sexuelles, la gestion des foules. Elle nous permet surtout de respecter les droits et devoirs des personnes interpellées ».

À travers ce type d’actions, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme poursuit son mandat, qui consiste notamment à surveiller la situation des droits humains, à renforcer les capacités des acteurs étatiques et non étatiques, et à appuyer la justice congolaise dans la lutte contre l’impunité, notamment par des enquêtes préjuridictionnelles et l’organisation d’audiences foraines.

Dans un contexte sécuritaire toujours fragile à l’est de la RDC, ces initiatives sont perçues comme un levier essentiel pour améliorer la protection des populations civiles et promouvoir une police professionnelle et respectueuse des droits humains.

Gloire TONGO/ Beni

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