Inhumation des cadavres à Goma : le gouvernement dénonce une mise en scène macabre du M23

Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias avec le Minétat, ministre de la Justice, Guillaume Ngefa

Lors du briefing presse tenu le jeudi 8 janvier 2026, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, et son collègue de la Justice, Guillaume Ngefa, ont vivement condamné ce qu’ils qualifient d’instrumentalisation des funérailles par le groupe rebelle AFC/M23 à Goma. Selon les deux membres du gouvernement, les obsèques publiques organisées au stade de l’Unité ont été transformées en un outil de propagande dirigé contre l’État congolais et les Forces armées de la RDC (FARDC).

« C’est profondément odieux de voir ceux qui sont reconnus comme des semeurs de mort et de désolation s’autoriser à faire de la propagande autour des dépouilles humaines. Il n’y a aucun acte posé par ces criminels qui restera impuni », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Pour ce dernier, cette cérémonie constitue une atteinte grave à la dignité des familles endeuillées et au respect dû aux morts. Il a rappelé les massacres de milliers de civils perpétrés ces derniers mois par le M23, notamment au sein des communautés hutu ainsi que dans les zones de Kamanyola et d’Uvira.

Patrick Muyaya a également dénoncé l’inhumanité de cette mise en scène, accusant la rébellion d’empêcher certaines familles d’inhumer leurs proches afin d’en faire un spectacle à caractère politique. Il a assuré que le gouvernement demeure mobilisé aux côtés des populations de Goma, Bukavu et de toutes les zones sous occupation.

De son côté, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a souligné que « les crimes reprochés au M23 sont imprescriptibles et que la justice congolaise se saisira de l’ensemble de ces dossiers ». Il a dénoncé la récupération politique des victimes et rappelé que plusieurs figures de ce mouvement armé font déjà l’objet de sanctions internationales, notamment de la part du Conseil de sécurité des Nations unies et de l’Union européenne.

Selon des sources locales, le M23 aurait retenu plusieurs corps dans des morgues à Goma ainsi que dans d’autres localités sous son contrôle, retardant volontairement les inhumations. Derrière cette stratégie, le groupe rebelle chercherait à se présenter comme un acteur humanitaire, une posture largement contestée par de nombreux observateurs qui rappellent ses exactions répétées contre les populations civiles.

Blaise BOZENGE

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