Les enseignants du primaire et du secondaire de la ville de Kikwit et de ses environs ont décidé de reprendre les cours le 19 janvier 2026. En attendant cette date, ils ont demandé aux parents de garder leurs enfants à la maison jusqu’à la reprise effective des activités scolaires.
Cette décision a été prise à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue ce lundi 12 janvier 2026 à l’école primaire Ngungu, dans la commune de Lukolela.
Interrogé sur les raisons de cette décision, Paulin Pengi, représentant du SYNECATH (Syndicat national des enseignants catholiques), a expliqué que les enseignants de Kikwit et de ses environs ont commencé à percevoir leurs salaires à partir du 5 janvier 2026.
« La majorité des enseignants n’a pas pu passer les fêtes de fin d’année dans des conditions normales faute de paiement. Les enseignants considèrent donc le 5 janvier, date du début de la paie, comme le point de départ de leurs vacances. C’est pourquoi la reprise des cours est fixée au 19 janvier 2026 », a-t-il déclaré, dénonçant par ailleurs « les intimidations des autorités » à l’encontre des enseignants.
De son côté, Benoît Kasiama, président de l’intersyndicale des enseignants de l’EPST Kwilu 2, a profité de l’occasion pour rappeler plusieurs revendications majeures du corps enseignant.
« Nous demandons la suspension de la création anarchique de nouvelles écoles publiques et des bureaux des gestionnaires par les autorités compétentes. Nous rejetons la prise en charge des enseignants par les parents et exigeons du gouvernement un salaire compris entre 600 000 et 1 million de francs congolais selon les grades et les échelons, y compris les avantages sociaux. Nous réclamons également le respect du calendrier de paie, avec un début effectif le 20 de chaque mois, la mécanisation des nouvelles unités et des enseignants non payés, l’octroi régulier des frais de fonctionnement aux bureaux des gestionnaires, le paiement des frais d’itinérance aux inspecteurs chefs de pools, ainsi que la mise à la retraite des enseignants âgés de plus de 70 ans », a-t-il énuméré.
Pour sa part, Novele Erasme, représentant de la CSC (Confédération syndicale du Congo), a renchéri en dénonçant plusieurs pratiques jugées abusives.
« Les frais scolaires des enfants légitimes des enseignants ne sont pas respectés dans plusieurs écoles. Nous dénonçons également la vente des bulletins de signalement et les commissions d’affectation, ainsi que l’arrêté interdisant pendant six mois à la famille d’un enseignant décédé de percevoir le salaire du défunt », a-t-il indiqué.
En attendant la reprise annoncée des cours, les syndicats appellent les autorités à prendre en compte leurs revendications afin d’éviter de nouvelles perturbations du calendrier scolaire dans la région.
Badylon KAWANDA BAKIMAN