RDC : quatre jours pour raviver la mémoire des bâtisseurs de la Nation

Les héros nationaux, Emery Patrice Lumumba (à gauche) et Laurent Désiré Kabila (à droite)

La République démocratique du Congo s’accordera une pause mémorielle exceptionnelle à la mi-janvier. Du vendredi 16 au mardi 19 janvier 2026, l’ensemble du pays observera des jours fériés légaux consacrés à la commémoration des héros nationaux, selon un communiqué du ministère de l’Emploi et du Travail rendu public le lundi 12 janvier 2026.

Cette extension du calendrier commémoratif n’est pas fortuite. Les dates historiques des 16 et 17 janvier, tombant cette année un samedi et un dimanche, ont conduit les autorités à reporter les cérémonies officielles aux journées ouvrables suivantes, afin d’en garantir la portée institutionnelle et populaire.

Le 17 janvier 1961, Patrice Emery Lumumba, premier chef du gouvernement congolais issu de l’indépendance, était assassiné, scellant à jamais son statut de figure révolutionnaire et de symbole panafricain. Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila tombait à son tour, laissant une empreinte durable dans l’histoire politique contemporaine du pays.

Ces deux journées dépassent largement le cadre du simple souvenir. Elles incarnent des repères historiques majeurs, autour desquels s’articulent les notions de souveraineté, de résistance et de quête d’un État réellement indépendant.

Plus de six décennies après sa disparition, Patrice Lumumba continue d’habiter l’imaginaire collectif congolais et africain. Son combat contre l’ingérence étrangère et pour l’autodétermination demeure une référence constante dans les débats sur l’avenir du continent.

Récemment, cette mémoire s’est invitée sur une scène inattendue : le sport. Lors de la CAN Maroc 2025, la présence remarquée de Michel Kuka Mboladinga, alias Lumumba Vea, dans les tribunes des matchs des Léopards, a redonné une visibilité mondiale à l’icône lumumbiste. Par son silence, sa posture figée et son bras levé, il a transformé chaque rencontre en un instant de recueillement symbolique, rappelant les idéaux inachevés d’un Congo libre et affranchi.

Ces journées fériées ne se limitent pas à l’hommage. Elles constituent un temps de réflexion nationale, interpellant dirigeants et citoyens sur l’héritage réel laissé par ces figures historiques. À l’heure où la RDC demeure confrontée à des défis sécuritaires persistants et à une instabilité structurelle, la mémoire des héros nationaux agit comme un miroir critique du chemin parcouru et de celui qu’il reste à accomplir.

En consacrant quatre jours à ces commémorations, l’État congolais réaffirme que l’histoire n’est pas figée dans les livres, mais qu’elle demeure un levier de conscience collective. Honorer Patrice Lumumba et Laurent-Désiré Kabila, c’est rappeler que la Nation s’est construite dans le sacrifice, et que sa consolidation exige lucidité, responsabilité et fidélité aux idéaux fondateurs. Janvier demeure ainsi, pour la RDC, un mois de mémoire, mais aussi un appel permanent à transformer l’héritage des héros en actions concrètes pour l’avenir.

Guillaume MABALA

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