La hiérarchie militaire congolaise traverse une nouvelle zone de turbulences. Quatre officiers généraux ont été transférés, le mercredi 14 janvier, à la prison militaire de Ndolo, dans le cadre de procédures judiciaires visant des cadres supérieurs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Parmi les officiers concernés figurent notamment Christian Tshiwewe Songesa, ancien chef d’état-major général et ex-conseiller militaire du président de la République, John Kabila, ancien officier d’ordonnance du président honoraire Joseph Kabila, ainsi que les généraux John Sangwa et Nyembo Kufi.
Selon plusieurs sources concordantes, les officiers ont été entendus pendant de longues heures par des services spécialisés, notamment au Conseil national de cyberdéfense, avant d’être présentés à l’auditorat général militaire, juridiction compétente en la matière.
Les motifs exacts de ces arrestations n’ont pas été officiellement communiqués. Toutefois, des sources proches du dossier évoquent des accusations d’une particulière gravité, dépassant le cadre de simples manquements disciplinaires. Il serait question, sous réserve de confirmation judiciaire, de manquements à la loyauté envers l’État, de désobéissance à la chaîne de commandement, ainsi que de contacts présumés avec des intérêts extérieurs.
Si ces faits venaient à être établis, ils pourraient révéler l’existence de dysfonctionnements internes susceptibles d’affecter le fonctionnement des forces armées, dans un contexte sécuritaire déjà marqué par de lourds défis, notamment dans l’Est de la RDC.
Selon des sources judiciaires, les chefs d’accusation envisagés incluraient notamment l’association de malfaiteurs, le complot contre les institutions, la trahison, la diffusion de fausses informations et l’incitation à la rébellion. Ces infractions, prévues par le droit militaire, sont considérées comme des atteintes graves à la sûreté de l’État et à la cohésion nationale.
Cette nouvelle vague de poursuites judiciaires illustre la volonté affichée des autorités de renforcer la discipline, l’unité et la loyauté au sein de l’armée, tout en mettant en lumière les tensions internes qui traversent l’institution militaire. Dans un contexte sécuritaire et politique sensible, ces événements renforcent l’attention portée à la fiabilité des cadres appelés à garantir la défense nationale.
Guillaume MABALA