Une nouvelle dynamique diplomatique s’ouvre autour de la question du Sahara marocain. Ce lundi, à Madrid, le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, tient une rencontre bilatérale avec son homologue espagnol, José Manuel Albares. Cette réunion précède un entretien entre le chef de la diplomatie espagnole et l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara marocain, Staffan de Mistura.
Cette séquence diplomatique s’inscrit dans la poursuite des consultations liées au processus onusien de règlement du différend régional artificiel autour du Sahara marocain, dans un contexte marqué par l’organisation récente de consultations inédites à Madrid, sous l’égide des États-Unis.
Ces consultations, accueillies par l’ambassade des États-Unis d’Amérique à Madrid, ont réuni pour la première fois l’ensemble des parties concernées, notamment le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario, en présence de la partie américaine et de l’envoyé onusien. Elles visaient à relancer la recherche d’une solution politique conforme aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
Lors de ces échanges, le ministre Nasser Bourita a présenté les grandes lignes de la version actualisée de l’initiative marocaine d’autonomie. Cette proposition est présentée par le Royaume comme « le cadre réaliste et pragmatique » pour parvenir à un règlement durable du conflit, en conformité avec la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en octobre 2025, laquelle affirme clairement que l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine constitue « la seule base crédible pour toute solution politique viable ».
La réunion, tenue au siège de l’ambassade américaine à Madrid, s’est déroulée sous le parrainage direct de l’administration du président américain Donald Trump. Elle a été supervisée par le conseiller de la Maison-Blanche pour les affaires africaines et moyen-orientales, Massad Boulos, l’ambassadeur et représentant permanent des États-Unis auprès des Nations unies, Michael Waltz, ainsi que la chargée d’affaires de l’ambassade américaine, Ryan Harker Harris, en présence de Staffan de Mistura.
Ont pris part à ces consultations à huis clos, aux côtés du chef de la diplomatie marocaine, le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf, le ministre mauritanien des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Merzoug, ainsi qu’une délégation du Front Polisario conduite par Mohamed Yeslem Beissat, accompagnée notamment de Sidi Mohamed Ammar et de Mouloud Saïd.
Selon des sources informées, ces échanges ont débouché sur l’élaboration d’une « feuille de route de Madrid 2026 ». Celle-ci prévoit notamment l’organisation d’un nouveau cycle de négociations à Washington avant le mois d’avril prochain, afin de discuter des détails de la nouvelle offre marocaine qui sera officiellement soumise aux Nations unies. La feuille de route évoque également la perspective d’un accord-cadre politique entre les quatre parties, conférant ainsi au processus en cours un caractère temporel contraignant, après plusieurs années de stagnation.
Cette évolution intervient dans le sillage de l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, après laquelle le Maroc, sur Hautes Instructions Royales, a engagé l’élaboration d’une version actualisée et détaillée de l’initiative d’autonomie, visant à proposer un cadre global de négociation et à garantir un règlement politique durable.
Dans un discours adressé à la Nation à l’occasion du vote de cette résolution, le Roi Mohammed VI avait annoncé que le Royaume présenterait cette version actualisée aux Nations unies, soulignant que « l’initiative d’autonomie constitue la solution réaliste et définitive au différend régional autour du Sahara marocain ».
Dans ce cadre, le Palais royal a accueilli, le 10 novembre 2025, une réunion présidée par les conseillers du Roi, Taïeb Fassi Fihri, Omar Azziman et Fouad Ali El Himma, en présence des dirigeants des partis politiques représentés au Parlement, ainsi que des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Cette rencontre était consacrée à l’actualisation et à la précision de l’initiative d’autonomie, afin de présenter aux Nations unies une proposition intégrée, détaillée et reflétant le consensus national autour de ce choix stratégique.
Avec Hespress.fr