En marge du 39e Sommet ordinaire des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine, ouvert ce samedi 14 février 2026 à Addis-Abeba, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a pris une part active au panel de haut niveau de l’initiative « Accra Reset ».

Représentant le Président de la République, Félix Tshisekedi, le ministre est intervenu sur le thème : « Développer autour de la région des Grands Lacs comme sphère de prospérité et non comme une zone de conflits perpétuels ».

Lancée en septembre 2025 par le Président ghanéen John Dramani Mahama, l’initiative « Accra Reset » vise à « rompre avec le modèle de développement traditionnel pour replacer l’Afrique au centre de la coopération internationale », en passant « de l’aide dépendante à des investissements souverains ».
Dans son intervention, Julien Paluku Kahongya a dressé « le tableau sombre des guerres récurrentes de prédation qui déchirent l’Est de la RDC depuis plus de trois décennies ». Face à cette situation, il a plaidé pour des réformes structurelles fortes.
« Pour briser l’économie des guerres, nous devons renforcer le mécanisme régional de certification de la Conférence internationale de la Région des Grands Lacs, qui doit devenir l’unique passeport crédible pour les minerais africains », a-t-il déclaré.
Le ministre a également insisté sur « l’urgence de créer une bourse africaine des minerais », estimant qu’il n’est plus acceptable de « laisser les prix être fixés à Londres et à Shanghai ».
« L’objectif est d’influencer le marché mondial et de redonner à l’Afrique la maîtrise de ses ressources stratégiques », a-t-il martelé.
Au cours du panel, plusieurs personnalités africaines ont appuyé la nécessité d’une approche pragmatique. Le Président ghanéen John Dramani Mahama, également chairman de l’initiative « Accra Reset », a appelé à « transformer les ambitions en actions concrètes ».
L’ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo, l’ancien Premier ministre éthiopien ainsi que l’ancienne ministre sud-africaine des Affaires étrangères Nkosazana Dlamini Zuma ont, eux aussi, insisté sur « le pragmatisme » et la nécessité d’« avancer vers des résultats tangibles pour réaliser ce grand rêve africain ».
À Addis-Abeba, la voix de la RDC s’est ainsi faite entendre autour d’un message clair : transformer la région des Grands Lacs en un espace de prospérité partagée, en rompant définitivement avec les cycles de conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Christiane EKAMBO