La Chine franchit une nouvelle étape dans sa politique commerciale envers le continent africain. À compter du 1er mai, Pékin annoncera la suppression des droits de douane pour 53 pays africains, à l’exception notable de l’Eswatini, qui entretient des relations diplomatiques avec Taïwan.
Cette décision a été dévoilée par le président Xi Jinping lors du dernier sommet de l’Union africaine en Éthiopie. Elle illustre la volonté de la Chine de consolider son rôle de partenaire économique majeur du continent, en facilitant les échanges commerciaux et en soutenant la croissance africaine.
Dans le cadre de sa vaste initiative « Belt and Road », la Chine investit massivement dans des infrastructures et projets stratégiques en Afrique. Cette offensive contraste avec le recentrage américain, notamment après l’imposition de tarifs douaniers par l’administration Trump en 2018, qui avait fragilisé les exportations africaines vers les États-Unis.
Depuis cette période, plusieurs pays africains ont cherché à diversifier leurs partenaires, offrant à Pékin une opportunité de renforcer son influence sur le continent. L’alliance économique s’accompagne souvent d’une pression diplomatique subtile, consolidant le rôle de la Chine comme interlocuteur incontournable.
Si cette suppression des droits de douane pourrait stimuler le commerce et encourager les investissements, elle soulève également des questions sur la dépendance africaine à l’égard de Pékin. Certains observateurs s’interrogent sur l’équilibre de cette relation et sur la capacité des pays africains à tirer pleinement profit de cette ouverture commerciale, sans devenir excessivement tributaires des financements et projets chinois.
Cette initiative confirme néanmoins la montée en puissance de la Chine en Afrique et son ambition de façonner le continent comme un partenaire stratégique central dans sa politique économique et géopolitique.
Rédaction /JDN