RDC : autonomisation des femmes, violences et inégalités au cœur des échanges au ministère du Commerce extérieur

Organisé le mercredi 29 avril 2026 dans la salle Garamba à Kinshasa, l’atelier de renforcement des capacités sur l’autonomisation et le genre, initié par la Cellule genre du ministère du Commerce extérieur avec l’appui du ministère du Genre, Famille et Enfant, a permis de mettre en lumière les défis persistants liés à l’égalité des sexes en République démocratique du Congo.

Placée sous le patronage du ministre Julien Paluku Kahongyha, cette rencontre a réuni cadres et agents de l’administration autour d’échanges approfondis sur les inégalités de genre, les violences faites aux femmes et les mécanismes d’autonomisation.

Angèle Mamba, coordonnatrice de la Cellule Genre au ministère du Commerce extérieur

Intervenant au cours des travaux, la secrétaire générale au Genre, Esther Kamwanya, a dressé un état des lieux préoccupant.
Selon elle, les inégalités entre hommes et femmes persistent dans la perception, l’accès aux ressources, aux opportunités ainsi que dans les postes de décision.

Elle a particulièrement insisté sur les violences basées sur le genre, notamment dans l’Est du pays.
« Les violences sexuelles demeurent très élevées dans les zones en conflit, où elles sont utilisées comme arme de guerre », a-t-elle alerté.

Elle a également rappelé que la promotion des droits des femmes constitue une priorité nationale, invitant à l’appropriation de la stratégie de masculinité positive pour accélérer l’égalité des sexes.

De son côté, Jean-Alphonse Tshika, directeur de la Cellule d’appui à la mise en œuvre du Protocole de Maputo (CEPFE), a présenté cet instrument juridique comme un levier majeur de protection des droits des femmes en Afrique.
Adopté en 2003 et entré en vigueur en 2005, ce protocole engage les États à promouvoir l’égalité, lutter contre les violences et garantir la participation des femmes dans la vie publique.

Les données économiques présentées par l’expert Katalay ont également mis en évidence des défis importants pour l’entrepreneuriat féminin :
plus de 238 000 femmes entrepreneures en RDC, dont 65 % sont des jeunes, mais moins de 10 % ont accès au crédit, tandis que 43 % évoluent dans l’informel.

Malgré leur forte présence dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, des services et du commerce transfrontalier, les femmes font face à des obstacles majeurs, notamment les préjugés sociaux, les responsabilités familiales et un accès limité aux financements et à l’accompagnement.

Autre point clé abordé : la mise en œuvre de la Résolution 1325 des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité. Son coordonnateur national, Lapyar Yin Wen Didier, a rappelé ses quatre piliers : participation, prévention, protection et relèvement.

« Les femmes congolaises jouent un rôle central dans les processus de paix, malgré les contraintes liées aux conflits armés », a-t-il souligné, appelant à une solidarité accrue pour mettre fin aux violences.

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé : la réduction des inégalités passe par un meilleur accès des femmes à l’information, aux ressources, aux instances de décision et aux opportunités économiques.

Cet atelier aura ainsi permis de renforcer les capacités des participantes tout en posant les bases d’une réflexion approfondie sur les leviers à activer pour une véritable autonomisation des femmes en RDC.

Christiane EKAMBO

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