RDC : Complast plaide pour des restrictions d’importation afin de sauver l’industrie locale des matelas

La protection de l’industrie locale était au centre d’une audience accordée par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, au directeur général de la société Complast, Vishal Hemnani, accompagné de ses collaborateurs.

Vishal Hemmani, directeur général de la société Complast

Spécialisée dans la fabrication de matelas et de mousses et présente en République démocratique du Congo depuis 1967, cette entreprise basée à Lubumbashi (Haut-Katanga) sollicite des mesures de restriction temporaire des importations, notamment dans l’espace Katanga, afin de faire face à une concurrence jugée déloyale.

Selon les responsables de l’entreprise, la capacité de production actuelle de Complast est estimée à 5 000 matelas par jour, soit largement au-dessus de la demande locale évaluée entre 2 500 et 4 000 unités dans les provinces du Lualaba, du Tanganyika et du Haut-Katanga.

Cependant, cette capacité reste fortement sous-exploitée.
« Nous sommes capables de produire jusqu’à 5 000 matelas par jour, mais à cause de la concurrence déloyale liée aux importations, nous tournons actuellement entre 1 500 et 2 000 unités. Cela ne permet même pas de faire fonctionner l’industrie à pleine capacité », a déploré Ramji Mazahor, coordonnateur des affaires juridiques et relations publiques de Complast.

L’entreprise affirme être venue solliciter l’appui du gouvernement dans la continuité des efforts engagés pour la protection de l’industrie nationale.
« Nous sommes venus demander l’assistance du ministre dans le cadre de la sauvegarde de l’industrie nationale, notamment face aux importations de matelas et de mousses qui impactent négativement notre production », a-t-il expliqué.

Au-delà de la compétitivité industrielle, Complast met en avant les enjeux sociaux liés à cette situation, notamment en matière d’emploi.
« L’appui du gouvernement nous permettra non seulement d’augmenter notre capacité de production, mais aussi de créer davantage d’emplois et de contribuer à la lutte contre le chômage », a ajouté Ramji Mazahor.

À l’issue de la rencontre, les responsables de l’entreprise se disent confiants quant à l’issue du dossier.
« Le ministre a été très réceptif et nous a demandé des informations complémentaires. Il nous a rassurés de sa volonté d’avancer avec nous pour rendre l’industrie locale plus productive et bénéfique pour tous », a-t-il indiqué.

Pour approfondir l’analyse, une commission restreinte a été mise en place afin de fournir des données supplémentaires au ministre du Commerce extérieur, avant toute prise de décision. Ces éventuelles mesures devront se conformer aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le gouvernement rappelle que les restrictions temporaires d’importation visent à protéger les emplois générés par les entreprises locales, tout en limitant la fuite des capitaux.

Christiane EKAMBO

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