Médias en RDC: la carte professionnelle présentée comme un outil de crédibilité et de responsabilité

La professionnalisation du secteur des médias en République démocratique du Congo passe aussi par une meilleure identification de ceux qui exercent effectivement les différents métiers de la presse.

Cette question a été au centre des échanges lors du lancement, jeudi 20 août à Kinshasa, du projet « Impulsion Médias en RDC : modernisation, protection et accès à l’information publique », porté par la Fédération des Radios de Proximité du Congo (FRPC).

Prenant la parole à cette occasion, le président national de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC), Kamanda wa Kamanda Muzembe, a annoncé la poursuite d’un processus destiné à doter les journalistes congolais d’une carte d’identité professionnelle moderne, sécurisée et crédible.

Une carte pour identifier les professionnels

Pour l’UNPC, cette carte ne doit pas être considérée comme un simple document administratif.

Elle doit avant tout permettre d’identifier clairement les journalistes professionnels et de les distinguer des personnes qui utilisent abusivement le titre de journaliste ou se présentent comme professionnels des médias sans en avoir la qualité.

L’objectif affiché est également de restaurer la confiance entre les journalistes, les pouvoirs publics, les sources d’information et le public.

Trois exigences doivent ainsi guider cette démarche : identification, crédibilité et responsabilité.

À Kinshasa, le président de l’UNPC, Jean-Marie Kassamba, a également insisté sur l’importance de la carte professionnelle.

Il a annoncé la volonté de l’organisation de travailler avec les différentes administrations et structures concernées afin d’identifier les véritables professionnels et de contribuer à l’assainissement du secteur.

Pour l’UNPC, l’exercice du journalisme doit être clairement distingué de l’improvisation et de l’utilisation abusive du statut de journaliste.

Jean-Marie Kassamba a par ailleurs appelé à une meilleure distinction entre le journalisme et les métiers techniques de la presse, notamment la photographie et la prise de vue.

Cette réflexion ne concerne pas uniquement les journalistes.

Le président de l’Union nationale des cameramen du Congo (UNCC), Merlin Kamalandua, a plaidé pour une meilleure reconnaissance professionnelle des acteurs de l’image.

L’UNCC entend poursuivre l’identification des cameramen aussi bien à Kinshasa que dans les provinces et renforcer sa collaboration avec l’UNPC.

Pour Merlin Kamalandua, l’identification professionnelle constitue également un moyen de sécuriser les métiers liés à la production audiovisuelle.

« Ta profession te définit, mais ta carte t’identifie », a-t-il résumé.

Cette démarche intervient dans un contexte de profonde transformation du paysage médiatique congolais. L’essor des plateformes numériques et la multiplication des producteurs de contenus rendent de plus en plus nécessaire une identification claire des différents acteurs intervenant dans la chaîne de production et de diffusion de l’information.

La professionnalisation apparaît ainsi comme un double enjeu : protéger ceux qui exercent légalement leur métier et lutter contre l’usurpation des titres professionnels.

Pour l’UNPC et les organisations professionnelles, la mise en place d’outils d’identification crédibles devrait contribuer à améliorer les relations entre les médias, les institutions et les sources d’information.

Le processus d’identification professionnelle s’inscrit plus largement dans les réformes engagées dans le secteur des médias en RDC, notamment dans le cadre de la mise en œuvre progressive de la loi n°23/009 du 13 mars 2023 relative à la liberté de la presse.

Christiane Ekambo

Laisser un commentaire