Le ministre congolais de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, pense que la République démocratique du Congo ne peut plus être présenté uniquement à travers ses difficultés, alors que ses ressources naturelles et son potentiel économique occupent une place stratégique dans plusieurs secteurs de l’économie mondiale. Il s’est exprimé ce mardi 8 septembre 2026 à Kinshasa, lors du pré-lancement du Forum économique RDC-Royaume-Uni, prévu du 2 au 4 novembre prochain à Londres.
Prenant la parole aux côtés du ministre du commerce extérieur, Julien Paluku, le ministre Patrick Muyaya a notamment rappelé le rôle historique joué par les ressources congolaises dans le développement industriel mondial, citant le caoutchouc à l’époque de l’État indépendant du Congo et l’uranium utilisé dans le cadre du projet Manhattan.
« Cela montre que, même aujourd’hui, lorsque nous parlons des puces électroniques de nos téléphones ou encore des énergies renouvelables, nous parlons de solutions qui sont liées aux ressources de ce pays », a déclaré le ministre devant de nombreux participants à cette cérémonie.
Pour Patrick Muyaya, cette réalité doit conduire à porter un regard différent sur la RDC, notamment auprès des investisseurs internationaux.
« Il ne faut donc pas considérer la RDC uniquement à travers ce que vous entendez des ONG ou des médias internationaux. Le fait que vous soyez ici, en contact avec tous ces jeunes présents dans cette salle, peut vous donner une idée plus réelle de ce pays », a tablé le porte-parole du gouvernement congolais.
Patrick Muyaya reconnaît néanmoins les défis auxquels le pays reste confronté, notamment en matière de climat des affaires. Mais il estime que ces difficultés ne doivent pas empêcher les investisseurs de saisir les opportunités qu’offre la RDC.
Dans son plaidoyer alors, le ministre a pris l’exemple des investisseurs chinois, dont la présence économique en RDC s’est considérablement renforcée au fil des années.
« Lorsque les Chinois sont arrivés, ils ne se sont pas vraiment attardés sur les difficultés liées au climat des affaires. Ils sont venus et ils ont investi. Aujourd’hui, ils occupent beaucoup d’espace, non pas nécessairement parce qu’ils sont les meilleurs, mais parfois simplement parce qu’ils sont les seuls à accepter de prendre le risque. Dans tous les secteurs d’activité, il y a une certaine part de risque. Lorsque nous viendrons à Londres en novembre prochain, nous leur demanderons, à notre tour, de venir prendre ce petit risque », a-t-il laissé entendre.
Le Forum économique RDC-Royaume-Uni, qui se tiendra à Londres du 2 au 4 novembre 2026, réunira des officiels et des acteurs du secteur privé des deux pays. Le Gouvernement congolais appelle les opérateurs économiques ainsi que les jeunes et femmes entrepreneurs à préparer des projets bancables susceptibles d’être présentés aux investisseurs britanniques.
L’objectif est de parvenir à des partenariats concrets et à la signature de mémorandums d’entente à l’issue du forum. Un comité préparatoire doit par ailleurs être mis en place pour accompagner la délégation congolaise, notamment dans les démarches liées à l’obtention des visas.
Djiress Baloki