Une équipe d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est rendue jeudi 17 septembre 2026 à Mabalako, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, pour renforcer les capacités des équipes engagées dans la riposte contre la maladie à virus Ebola. L’appui a notamment porté sur la prévention et le contrôle des infections (PCI), ainsi que sur la communication sur les risques et l’engagement communautaire (CREC).
À l’Hôpital général de référence de Mabalako, les experts ont notamment accompagné les équipes dans l’organisation du circuit des patients et la mise en place d’un dispositif de triage. Selon le médecin directeur intérimaire de l’établissement, le Dr David Mbula Mukandirwa, ce dispositif doit permettre de mieux contrôler les personnes qui accèdent à l’hôpital.
« L’expert en PCI nous a appuyés et accompagnés pour adapter notre circuit et mettre en place les services de triage. Nous pensons qu’avec le système de triage, nous serons en mesure de contrôler tous les points d’entrée et tous les malades qui entrent déjà à l’hôpital, pour nous assurer qu’ils ne répondent pas à la définition avant d’accéder aux services de santé. Une fois qu’un malade répond à la définition, qu’il soit intercepté à la porte. C’est un service qui manquait au sein de notre structure », a-t-il expliqué.
L’hôpital a également reçu des intrants destinés à la prévention et au contrôle des infections. Selon le médecin directeur, cet appui intervient après une période marquée par la rupture de certains intrants dans le stock de l’établissement.
« Avant l’arrivée des experts de l’OMS, la prévention et le contrôle des infections se faisaient vraiment d’une manière précaire, comme il y avait une rupture de quelques intrants dans notre stock. C’est comme ça qu’après les plaidoyers, l’OMS a jugé de nous accompagner sous cet angle en nous amenant quelques intrants PCI », a précisé Dr David Mbula Mukandirwa.
Le renforcement ne concerne pas uniquement les structures sanitaires. Il s’étend également à la surveillance et à la sensibilisation au niveau communautaire. Une formation a notamment été organisée à l’intention des membres du comité CREC de la zone de santé de Mabalako, qui compte 17 aires de santé.
Jeanne Mumbesa, animatrice communautaire dans cette zone de santé, estime que cette organisation devrait faciliter le travail de proximité, notamment les visites à domicile.
« Nous venons de recevoir la formation et nous venons de briefer les membres du comité CREC, communication des risques et engagement communautaire. Nous venons aussi de renforcer les capacités de toute la zone de santé dans ses 17 aires de santé. Nous espérons qu’avec ces membres que nous avons sélectionnés et avec le dispositif mis en place, nous allons couper la chaîne de transmission de la maladie Ebola », a-t-elle souligné.
Elle ajoute que le comité CREC doit notamment contribuer à renforcer les visites à domicile et les actions de sensibilisation auprès de la population.
Pour les relais communautaires, cette formation vise également à améliorer les techniques de communication avec la population. Kakule Ndaliko Samso, relais communautaire au centre de santé de Bingo, affirme avoir acquis de nouvelles méthodes de communication.
« Nous venons d’être capacités. On vient de nous donner de nouvelles techniques de communication pour qu’on puisse dialoguer, qu’on puisse donner des informations palpables à la communauté, pour que la communauté puisse s’engager dans la réponse contre la maladie à virus Ebola », a-t-il expliqué.
Le relais communautaire estime également que la formation lui a permis de mieux comprendre les défis rencontrés sur le terrain ainsi que les pistes de solutions.
« Aujourd’hui, on vient d’avoir la structuration de la communication, mais aussi les différents défis que nous pouvons rencontrer sur le terrain et les pistes de solutions. Nous venons quand même de les avoir », a-t-il ajouté.
À Mabalako, ce renforcement des équipes sanitaires et communautaires vise ainsi à améliorer la détection des alertes, leur transmission aux structures de santé et la prise en charge rapide des cas suspects, alors que la riposte contre Ebola se poursuit.
Gloire Tsongo, à Beni