Le retrait de la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies suscite des réactions au Sénégal. Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, y voit un revers diplomatique qu’il attribue notamment au bilan de l’ancien chef de l’État en matière de droits humains et de gouvernance démocratique. Une lecture que Macky Sall met, de son côté, en perspective avec les rapports de force diplomatiques autour de sa succession à la tête de l’ONU.
Le retrait annoncé de Macky Sall dans la course au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) continue de faire réagir au Sénégal. Dans une publication sur ses plateformes sociales, samedi 17 octobre 2026, Seydi Gassama estime que cette décision constitue « un échec cuisant » pour l’ancien président et les États qui avaient soutenu sa candidature.
Le responsable d’Amnesty International Sénégal affirme que Macky Sall « savait depuis le début » qu’il ne bénéficierait pas du soutien de l’Union africaine (UA). Selon lui, l’organisation continentale reste attachée au principe de rotation régionale pour l’accès à certaines hautes fonctions internationales, même si ce principe n’est pas formellement inscrit dans les textes.
Seydi Gassama rappelle également que l’Afrique a déjà occupé le poste de secrétaire général des Nations unies avec Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan.
Au-delà des considérations diplomatiques, le défenseur des droits humains met en cause le bilan de Macky Sall à la tête du Sénégal. Il estime que les questions liées aux droits humains, à la gouvernance démocratique et à la gestion des finances publiques constituaient un handicap pour sa candidature.
« Il savait aussi que son bilan catastrophique en matière de droits humains, de bonne gouvernance démocratique et financière était un lourd handicap », affirme-t-il.
Seydi Gassama critique également la stratégie que l’ancien président aurait, selon lui, adoptée pour tenter de surmonter ces obstacles. Il souligne, par ailleurs, le rôle des victimes de l’ancien régime et de leurs soutiens dans les démarches visant à faire connaître les faits qu’ils lui reprochent.
« Ces efforts ont compté, et Macky Sall et les États qui l’ont soutenu le savent », soutient-il.
Pour le responsable d’Amnesty International Sénégal, cet épisode constitue un avertissement adressé aux dirigeants africains. Il estime que les responsables politiques ne peuvent pas, selon ses termes, « persécuter leurs opposants, bafouer les droits humains et les principes de bonne gouvernance » tout en espérant accéder, après leur départ du pouvoir, à de hautes responsabilités internationales.
De son côté, Macky Sall a annoncé le retrait de sa candidature dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux. L’ancien président sénégalais explique avoir pris cette décision à la suite du vote informel du 16 octobre et de consultations avec les présidents Évariste Ndayishimiye, du Burundi, et Bassirou Diomaye Diakhar Faye, du Sénégal.
Selon ses explications, ces consultations auraient fait ressortir une orientation favorable à un candidat issu de l’Amérique latine et des Caraïbes, avec la possibilité qu’il s’agisse d’une femme.
Cette justification met en avant les équilibres géopolitiques et les perspectives de consensus international dans le processus de succession à la tête des Nations unies.
Le retrait de Macky Sall donne ainsi lieu à deux interprétations distinctes. Seydi Gassama insiste sur le poids du bilan politique et des questions de droits humains, tandis que l’ancien chef de l’État met en avant les dynamiques diplomatiques et les orientations qui se dégageraient des consultations.
La Rédaction