La campagne de vaccination des prestataires de première ligne contre la maladie à virus Ebola a été lancée vendredi 16 octobre 2026 à l’Hôpital général de référence de Beni, dans la province du Nord-Kivu. La cérémonie a été présidée par Prisca Luanda Kamala, coordonnatrice provinciale chargée de la santé, représentant le gouverneur de province, Somo Kakule Évariste.

Selon les données présentées lors de cette cérémonie, le Nord-Kivu avait enregistré, au 15 octobre 2026, un total de 2 055 cas confirmés d’Ebola, dont 1 231 décès, 244 guérisons et 534 cas actifs. La zone de santé de Beni comptabilisait à elle seule 471 cas confirmés et 316 décès.
Face à cette situation épidémiologique, Prisca Luanda Kamala a souligné l’importance de protéger les agents mobilisés dans la riposte et de renforcer les mesures de prévention afin de limiter la propagation de la maladie.

« Cette cérémonie constitue une étape importante dans notre engagement collectif à protéger les populations, à préserver la vie de nos compatriotes et à renforcer les capacités de notre système de santé face à cette urgence sanitaire. Protéger nos soignants, c’est protéger nos communautés. Protéger nos agents de première ligne, c’est renforcer notre capacité collective à sauver des vies », a-t-elle déclaré.

Au cours de la cérémonie, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a apporté des précisions sur le vaccin Ervebo. Homologué contre la maladie à virus Ebola causée par le virus Zaïre, ce vaccin est utilisé dans le cadre d’un protocole de recherche contre le virus Bundibugyo, avec le consentement éclairé des participants et un suivi des personnes vaccinées.
Son efficacité contre cette souche n’étant pas encore établie chez l’humain, cette démarche s’inscrit dans un cadre de recherche visant à mieux répondre aux besoins de santé publique liés à cette épidémie.
Le coordonnateur général de la riposte, le Dr Steve Ahuka, a précisé que la vaccination concerne plusieurs catégories de professionnels et d’intervenants exposés au risque de contamination. Il s’agit notamment des soignants, des équipes de surveillance épidémiologique, des laborantins et du personnel chargé des enterrements dignes et sécurisés.
Cette intervention vient compléter les autres mesures déployées sur le terrain pour contenir l’épidémie et protéger les personnes exposées.
Parmi les personnes ayant reçu le vaccin figure Jeannot, un acteur social régulièrement en contact avec la population. Il explique avoir accepté cette vaccination dans une démarche de protection personnelle et de prévention pour ses proches.
« Chaque jour, nous parlons d’Ebola et nous enregistrons des contaminations et des décès. Étant un acteur social, je ne suis pas épargné. Je le fais pour protéger ma santé et celle de mes proches », a-t-il témoigné.
Les autorités sanitaires rappellent que la vaccination repose sur le volontariat et ne dispense pas du respect des mesures barrières ni de la mise en œuvre des autres interventions sanitaires indispensables à la lutte contre la maladie.
Gloire Tsongo/Beni