La création annoncée du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme un mouvement politico-militaire incluant le M23, suscite l’inquiétude de deux députés européens belges. Elio Di Rupo et Hilde Vautmans demandent à l’Union européenne de renforcer la pression diplomatique et de faire respecter les engagements de paix entre Kinshasa et Kigali.
La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) appelle, selon deux parlementaires européens belges, une réponse plus ferme de l’Union européenne. Dans un communiqué conjoint, Elio Di Rupo, du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D), et Hilde Vautmans, de Renew Europe, plaident pour des sanctions ciblées contre les acteurs qu’ils accusent de contribuer à la déstabilisation du pays.
Au centre de leurs préoccupations figure l’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté dans leur communiqué comme une coalition politico-militaire incluant le M23. Les deux élus estiment que l’implication de l’ancien président congolais Joseph Kabila dans cette initiative constitue un facteur supplémentaire d’escalade.
Ils lui reprochent de s’inscrire dans une dynamique armée et alertent sur les risques que cette évolution ferait peser sur la stabilité de la RDC et de l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Les deux eurodéputés mettent également en cause le rôle du Rwanda dans la poursuite du conflit. Ils accusent Kigali de soutenir le M23 et demandent à l’Union européenne d’exiger le respect des engagements pris dans le cadre de l’accord de Washington du 27 juin 2025.
Cet accord prévoit notamment la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le désengagement des forces rwandaises du territoire congolais et la levée des mesures défensives du Rwanda.
Pour Elio Di Rupo et Hilde Vautmans, ces engagements doivent être exécutés de manière coordonnée et vérifiable. Ils appellent l’Union européenne à soutenir une vérification indépendante de leur mise en œuvre et à veiller à ce qu’aucune partie ne choisisse unilatéralement les dispositions qu’elle entend appliquer.
Ils estiment que la crédibilité des efforts diplomatiques dépendra de la concrétisation des engagements pris en faveur de la paix.
Face à cette situation, les deux parlementaires demandent à l’Union européenne d’utiliser ses instruments diplomatiques et politiques pour exercer une pression sur les acteurs qu’ils jugent responsables de la déstabilisation.
Leur proposition vise notamment Joseph Kabila et les dirigeants de son mouvement, ainsi que des responsables rwandais qu’ils accusent de soutenir le M23.
« Face à une telle escalade, l’inaction n’est pas une option », préviennent-ils, estimant que les condamnations verbales ne peuvent constituer une réponse suffisante à la poursuite des violences.
Ils appellent ainsi Bruxelles à associer les sanctions ciblées à une action diplomatique renforcée et à un engagement constant en faveur du respect de la souveraineté congolaise.
Pour les deux eurodéputés belges, l’Union européenne doit démontrer que ses engagements en faveur de la paix se traduisent par des mesures concrètes. Ils considèrent que la persistance du conflit dans l’Est de la RDC met à l’épreuve la capacité des partenaires internationaux à contribuer efficacement à la stabilité régionale.
Leur appel intervient alors que les efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre la RDC et le Rwanda restent déterminants pour l’avenir de la région des Grands Lacs.
En réclamant des sanctions ciblées et le respect intégral de l’accord de Washington, Elio Di Rupo et Hilde Vautmans entendent placer la responsabilité des acteurs impliqués et l’application des engagements de paix au cœur de la réponse européenne à la crise congolaise.
Christiane Ekambo