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RDC-SENAC II: Marie Nyange veut faire du marché carbone une source de richesse pour tous, (Discours) – Journal des Nations

RDC-SENAC II: Marie Nyange veut faire du marché carbone une source de richesse pour tous, (Discours)

Marie Nyange Ndambo, ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat

À l’ouverture de la deuxième édition de la Semaine nationale du climat (SENAC II), le 26 octobre à Kinshasa, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange, a plaidé pour un marché carbone crédible, transparent et équitable, capable de transformer le patrimoine naturel de la République démocratique du Congo en opportunités de développement, d’emplois et de justice sociale.

La République démocratique du Congo entend renforcer sa place dans la gouvernance climatique mondiale en faisant de la protection de ses ressources naturelles un levier de développement économique. C’est le message porté par la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange, lors du lancement officiel de la deuxième édition de la Semaine nationale du climat, organisée le 26 octobre 2026 au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, à Kinshasa.

Placée sous le thème « La République démocratique du Congo à l’ère du développement des marchés carbone : opportunités pour tous et perspectives d’avenir », cette édition met l’accent sur les possibilités de financement offertes par les mécanismes carbone et sur la nécessité de garantir des retombées concrètes pour les populations.

Dans son mot de circonstance, la ministre a rappelé le rôle stratégique de la RDC dans la lutte contre le dérèglement climatique, en raison de l’importance de ses forêts tropicales, de ses tourbières, de ses ressources en eau et de sa biodiversité.

« Lorsque le Congo protège ses forêts, c’est l’Afrique qui respire », a-t-elle déclaré, soulignant la responsabilité du pays dans la préservation des équilibres écologiques mondiaux.

Revenant sur les avancées enregistrées depuis la première édition de la SENAC, Marie Nyange a présenté plusieurs réformes engagées par le gouvernement dans les domaines forestier, climatique et hydrique.

Parmi les réalisations évoquées figurent la finalisation de la Politique forestière nationale, l’élaboration d’un projet de loi portant régime juridique du marché du carbone ainsi que l’adoption du projet de Code forestier révisé. Des travaux préparatoires du futur Plan forestier national ont également été engagés.

La ministre a par ailleurs mis en avant la consolidation du Partenariat pour le Bassin du Congo, présenté comme un cadre de coopération destiné à mobiliser davantage de financements en faveur de la conservation et de la valorisation durable des forêts.

Autre avancée citée dans son discours : l’opérationnalisation de l’Autorité de régulation du marché carbone (ARMCA). Cette structure est appelée à contribuer à l’intégrité, à la transparence et à la crédibilité du marché carbone congolais.

La création de l’Office congolais des eaux a également été évoquée parmi les réformes destinées à améliorer la gouvernance, la protection et la valorisation durable des ressources hydriques du pays.

Pour la ministre, ces initiatives dépassent le cadre administratif. Elles traduisent la volonté des autorités de convertir les richesses naturelles de la RDC en possibilités de croissance économique et de progrès social.

Au cœur de cette deuxième édition figure l’ambition de faire du marché carbone un instrument de financement de la transition écologique, tout en veillant à une répartition plus équitable de ses bénéfices.

Marie Nyange a insisté sur la nécessité de construire un mécanisme bénéficiant à l’ensemble des acteurs concernés, en particulier aux communautés locales qui participent à la protection des forêts, aux peuples autochtones, aux femmes et aux jeunes.

L’objectif affiché est de faire en sorte que la valorisation économique des services rendus par les écosystèmes contribue également à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Cette orientation pose toutefois un enjeu majeur de gouvernance : assurer la transparence des transactions carbone, garantir la crédibilité des projets et veiller à ce que les bénéfices profitent effectivement aux communautés concernées.

La réussite du marché carbone congolais dépendra ainsi de la solidité de son cadre juridique et réglementaire, de la confiance des investisseurs et de mécanismes de partage des revenus clairement établis.

Évoquant les prochains rendez-vous climatiques internationaux, notamment la 31ᵉ Conférence des Nations unies sur le climat (COP31), prévue à Antalya, en Turquie, la ministre a appelé à renforcer la voix de la RDC dans les négociations internationales.

Kinshasa entend défendre une approche qui reconnaît la contribution des pays disposant d’importants écosystèmes forestiers à la lutte contre le changement climatique, tout en revendiquant une rémunération juste des services environnementaux rendus à l’humanité.

Pour Marie Nyange, le pays ne doit pas se limiter à prendre des engagements, mais doit accélérer la mobilisation des investissements et la concrétisation des projets.

Cette ambition s’inscrit dans une volonté de faire de la protection du patrimoine naturel un facteur de transformation économique, plutôt qu’une contrainte pour le développement.

En clôturant son intervention, la ministre a souhaité que cette deuxième édition de la Semaine nationale du climat soit un espace de réflexion, mais également de partenariats, d’innovation et de décisions concrètes.

Blaise Bozenge

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