Beni : des enfants de militaires manifestent pour leurs droits, la marche réprimée par la police

Une manifestation a eu lieu ce jeudi 27 novembre 2025 dans la ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu. Des enfants de militaires déployés au front sont descendus dans la rue pour réclamer leur droit à l’éducation et à des meilleures conditions de vie.


La marche a été dispersée par les forces de l’ordre, et deux personnes ont été interpellées par la Police nationale congolaise (PNC).

Selon les organisateurs, l’Association des enfants des soldats au front, section de Beni — l’action visait à attirer l’attention des autorités sur les difficultés que traversent les familles des militaires basés dans la région. Les manifestants se sont rassemblés au rond-point central de Beni avant de tenter de marcher vers le gouvernorat provincial, où ils comptaient lire et déposer un mémorandum.

Cependant, arrivés au niveau du rond-point ENRA, les forces de l’ordre sont intervenues pour bloquer leur progression.

Sur place, une discussion s’est engagée entre les policiers et les manifestants, mais la situation a rapidement dégénéré. La police a finalement recouru au gaz lacrymogène pour disperser le groupe, composé en grande partie d’enfants.

Nasson Murara Katembo, communicateur de la PNC/Beni, accuse certains adultes d’avoir instrumentalisé les enfants pour organiser une marche non autorisée.

« Il s’agit d’un groupe d’enfants encadrés par des majeurs qui voulaient troubler l’ordre public. La manifestation du jour n’était pas autorisée. C’est ainsi qu’elle a été dispersée par la police afin de permettre à la population de vaquer librement à ses activités », a-t-il déclaré.

Le communicateur précise que deux personnes présentées comme instigateurs de troubles ont été arrêtées.

« Avant toute intervention, nous avons échangé avec eux. Nous avons constaté que des majeurs manipulaient ces enfants pour des raisons obscures. Ils disaient être abandonnés par le gouvernement, mais notre mission reste de maintenir l’ordre public », a-t-il ajouté.

Dans une correspondance datée du 24 novembre, l’Association des enfants des soldats au front affirmait pourtant avoir informé les autorités et les services de sécurité de l’organisation de cette manifestation. Leur objectif : pousser le gouvernement à répondre à leurs besoins, notamment le droit à l’éducation et le droit à la vie.

Cet incident relance le débat sur les conditions de vie des familles de militaires engagés dans les opérations dans la région de Beni, où l’insécurité persiste depuis plusieurs années.

Gloire Tsongo / Beni

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