Alors que le centre de santé Kikyo-Kanyihunga, situé dans la chefferie des Bashu, territoire de Beni, province du Nord-Kivu (zone de santé de Kalunguta), offre une prise en charge médicale totalement gratuite, une grande partie de la population continue d’ignorer cette opportunité vitale.
Conséquence : de nombreux malades restent à la maison ou succombent en chemin, alors que le projet couvre l’ensemble des frais médicaux, y compris le transport en cas de transfert vers l’hôpital général de Kalunguta.
Dans une interview accordée au Journal des Nations ce mercredi 5 novembre, M. Kombi Isaac, infirmier titulaire du centre, s’est dit préoccupé par cette situation alarmante. Selon lui, le manque d’information prive plusieurs habitants d’un accès aux soins pourtant disponibles et gratuits.
« Nous sommes dans la gratuité totale des soins. Cela signifie que le malade est pris en charge du début à la fin, sans rien payer. Que ce soit les femmes enceintes, les enfants ou les adultes, tous bénéficient de soins gratuits », explique-t-il.
Il précise également que les références médicales sont couvertes par le projet :
« En cas de référence, nous envoyons nos patients à l’hôpital général de Kalunguta. Le transport du centre jusqu’à l’hôpital est pris en charge, et les soins y sont aussi gratuits, à condition d’avoir une lettre de référence », ajoute-t-il.
Malgré ces efforts, la fréquentation du centre reste faible. Le personnel médical appelle la population de Kikyo-Kanyihunga et des villages environnants à venir se faire soigner, rappelant que la pérennité du projet dépend du nombre de bénéficiaires.
« La population n’est peut-être pas encore bien informée. Nous avons besoin que davantage d’enfants et d’adultes viennent se faire soigner, car si le projet enregistre peu de cas, il risque d’être interrompu avant la fin de l’année », poursuit l’infirmier.
Le centre de santé Kikyo-Kanyihunga dessert plusieurs villages reculés de la chefferie des Bashu, dans le territoire de Beni, province du Nord-Kivu. Mais pour beaucoup d’habitants, la distance et le manque d’information demeurent des obstacles majeurs à l’accès aux soins.
Gloire Tsongo / Beni