Beni : la zone de santé renforce la supervision pour élargir la couverture contre l’onchocercose

La zone de santé de Beni, au Nord-Kivu, appelle la population éligible qui n’a pas encore bénéficié des médicaments gratuits contre l’onchocercose à profiter des quelques jours de récupération accordés avant la clôture officielle de la campagne.

Lancée le 6 février dernier, cette campagne de distribution de masse cible les personnes âgées de plus de cinq ans. Elle s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre les maladies tropicales négligées et approche progressivement de sa phase finale.

S’exprimant ce lundi 2 mars 2026, l’infirmier superviseur chargé de la surveillance des maladies à la zone de santé de Beni, M. Damien Kambale, a dressé un bilan partiel jugé encourageant, même si la couverture attendue n’est pas encore atteinte.

Il a salué l’implication des relais communautaires et du personnel de santé mobilisés sur le terrain depuis le début de l’opération.

« Nous sommes satisfaits des progrès enregistrés sur le terrain. Nous sommes actuellement autour de 65 %, alors que la norme fixée est de 84 %. Ces résultats témoignent de l’engagement des relais communautaires et du personnel de santé », a-t-il déclaré.

Malgré ces avancées, plusieurs difficultés entravent encore l’atteinte de l’objectif fixé. Des villages enclavés et des zones difficiles d’accès compliquent la distribution complète des médicaments. Les équipes sanitaires évoquent notamment des contraintes logistiques dans certaines aires de santé éloignées, où l’acheminement des produits demeure un défi.

« Notre analyse après les descentes sur le terrain montre que certains défis persistent, notamment dans des poches et villages difficiles d’accès, comme dans l’aire de santé de Supa Kalau. Les médicaments ne sont pas encore parvenus dans certains villages non accessibles », a-t-il précisé.

Face à ces obstacles, des mesures correctives ont été engagées, notamment le renforcement de la supervision de proximité, le redéploiement ciblé des équipes vers les zones faiblement couvertes et l’intensification de la communication des risques.

Les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la participation communautaire afin d’atteindre au moins 84 % de couverture, seuil jugé indispensable pour réduire significativement la propagation de la maladie.

« L’objectif de cette distribution de masse est de diminuer la charge des maladies tropicales négligées dans la population urbaine de Beni et ses environs, et de progresser vers leur élimination dans notre zone de santé. La réussite dépend fortement de la participation active des communautés », a souligné M. Damien Kambale.

La zone de santé rappelle enfin que la non-prise de ces médicaments peut exposer les personnes concernées à des complications graves, notamment la cécité.

Gloire Tsongo/Beni

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