Beni : Les personnes handicapées appellent le gouvernement à agir face à l’insécurité

À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, célébrée le 3 décembre de chaque année, les personnes vivant avec handicap dans le Grand Nord-Kivu ont lancé un appel pressant au gouvernement afin qu’il agisse face à l’insécurité persistante dans l’Est du pays.

Cet appel a été relayé par Consolée Katchali, porte-parole des personnes vivant avec handicap et autres groupes vulnérables. Elle affirme que cette catégorie de la population subit lourdement les conséquences des conflits armés, notamment lors des déplacements massifs provoqués par les attaques répétées.

Elle rappelle que cette journée vise avant tout à mettre en lumière les droits des personnes handicapées et à insister sur la nécessité de respecter et d’appliquer les textes juridiques prévus pour leur protection.

« L’importance de cette journée pour nous, c’est qu’elle nous permet de nous exprimer et d’interpeller toutes les communautés, nationales et internationales, sur le respect de nos droits, conformément aux différents textes légaux déjà mis en œuvre pour la promotion et la protection des personnes vivant avec handicap, tant dans le monde qu’en République démocratique du Congo », déclare-t-elle.

Les personnes handicapées indiquent qu’elles ressentent les effets de l’insécurité de manière plus lourde que le reste de la population. Elles soulignent que leurs réalités sont souvent négligées lors des mouvements massifs de populations.

« Lorsqu’il y a insécurité, la plupart des personnes handicapées sont oubliées dans leurs maisons, ce qui constitue une lourde épreuve. Beaucoup sont enregistrées parmi les victimes, et de nombreuses morts ont été rapportées durant cette période de guerre que traverse notre pays », explique la porte-parole.

Elle attire également l’attention sur les conséquences psychologiques liées à cette situation, rappelant que ces impacts invisibles aggravent davantage la vulnérabilité de ces personnes.

« Au-delà des pertes en vies humaines, il y a aussi le stress qui peut engendrer d’autres maladies, notamment psychologiques, chez les personnes vivant avec handicap, déjà premières victimes. Cela crée une double vulnérabilité », souligne-t-elle.

Consolée Katchali appelle enfin le gouvernement à prendre des mesures politiques concrètes pour restaurer la paix et faire de la protection des personnes handicapées une priorité nationale.

« C’est pourquoi nous appelons notre gouvernement à adopter les politiques nécessaires pour restaurer la paix dans notre pays », insiste-t-elle.

Notons que l’Est de la République démocratique du Congo est confronté depuis plusieurs années à une insécurité chronique marquée par les attaques de groupes armés, provoquant des déplacements massifs et affectant gravement les populations vulnérables, dont les personnes vivant avec handicap.

Gloire TSONGO/ Beni

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