L’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC), secteur de Beni au Nord-Kivu, a publié samedi une mise au point ferme après des propos attribués à un acteur de la société civile au poste-frontière de Kasindi, jugés complaisants face à la fraude sur les produits agricoles d’exportation.
L’ONAPAC rappelle que seuls les camions de grande capacité, notamment de marque Actros, sont autorisés à transporter les produits pérennes vers l’Ouganda. Les motos, triporteurs, canters et autres véhicules inadaptés ne sont en aucun cas habilités à franchir la frontière avec ce type de marchandises.
L’office réaffirme sa détermination à combattre la fraude et à poursuivre en justice tout complice, conformément à la réglementation nationale qui encadre strictement la filière café-cacao. Tous les intervenants, agriculteurs, acheteurs, autorités locales et leaders communautaires ont déjà été suffisamment sensibilisés à travers divers cadres d’échange et canaux de communication, souligne l’ONAPAC.
Dans ce contexte, Machane Mayanza, chargée de communication de l’ONAPAC/Beni, rappelle la procédure légale pour l’exportation des produits agricoles, notamment le café et le cacao.
Elle précise que ces marchandises ne doivent pas être assimilées à des denrées ordinaires :
« Les produits agricoles d’exportation ne sont pas comparables à des arachides, des tomates ou du riz. Ils sont régis par des normes nationales et internationales. Le café, le cacao, la papaye et la vanille sont sous contrôle direct de l’ONAPAC« .
Elle souligne également les limites imposées aux producteurs :
« Si vous êtes agriculteur à Beni, vous devez vendre votre production à un exportateur agréé par l’ONAPAC. Vous ne pouvez pas déplacer vos produits de Beni à Bulongo ou de Beni à Kasindi, c’est interdit. Ceux de Halungupa, Lume ou du secteur de Rwenzori doivent vendre à Bulongo, où opère déjà un exportateur agréé ».
La chargée de communication insiste sur le fait que la communauté a été largement sensibilisée à ces dispositions.
Par ailleurs, l’ONAPAC rappelle que tous les documents requis pour exporter ou déplacer des cargaisons doivent être obtenus auprès des services compétents, dont l’office lui-même, avant tout mouvement. Toute démarche contraire sera considérée comme une tentative de fraude.
Enfin, l’office signale la décision du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Évariste Somo, d’ordonner la vente des cargaisons de cacao saisies lors de tentatives de fraude dans la région de Beni. Les fonds générés serviront à la reconstruction des infrastructures provinciales.
Gloire Tsongo, Beni