À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, célébrée chaque 20 novembre, plusieurs structures citoyennes et institutionnelles ont organisé, ce jeudi, une conférence-débat dans la salle de l’hôtel La Merveille à Beni, au Nord-Kivu. L’activité a réuni la COCEB, le Parlement d’enfants ainsi que la Division provinciale du Genre, Famille et Enfant autour du thème : « Ma journée, mes droits, mes devoirs dans la refondation nationale ».

Au cours des échanges, les intervenants ont dressé un tableau préoccupant de la situation des droits de l’enfant dans cette région fortement affectée par l’insécurité.

Le président du Parlement d’enfants de Beni, Éloge Bwanakawa, a dénoncé la faible application des droits reconnus aux enfants en RDC, estimant qu’ils « ne sont respectés qu’à 15 % », notamment à cause des conflits armés, des déplacements massifs de populations et de la pauvreté persistante.
« Nous remercions les autorités pour les efforts fournis afin de ramener la paix. Mais nous leur demandons de renforcer les mécanismes pour restaurer durablement la sécurité », a-t-il insisté.
De son côté, la coordination de la COCEB (Coordination du Comité des Élèves de Beni) a appelé les parents à une vigilance accrue en cette période marquée par la présence des sauterelles dans plusieurs quartiers. Shafiko Etulu, coordonnateur intérimaire, a rappelé que de nombreux enfants continuent de passer la nuit dehors, exposés à divers dangers.
« Aux parents d’encadrer leurs enfants durant cette période où ils sont attirés par la chasse aux sauterelles. Lorsqu’ils passent la nuit à la belle étoile, ils sont exposés à de multiples risques », a-t-il déclaré.
La cheffe de la Division provinciale du Genre, Famille et Enfant à Beni, Ruth Sabuni, a, quant à elle, dressé un tableau encore plus sombre de la protection de l’enfant dans la région.
« Vous comprendrez que de nombreux enfants assument des responsabilités qui ne leur reviennent pas. Certains vivent sous le commandement de groupes qui les exploitent, d’autres sont utilisés dans des maisons de tolérance », a-t-elle alerté.
Cette commémoration a également rappelé les défis majeurs auxquels les enfants font face dans le monde : pauvreté, malnutrition, manque d’accès à l’éducation, violences sous toutes leurs formes et violations récurrentes de leurs droits.
Les participants ont appelé à une mobilisation collective de l’État, des partenaires, de la société civile et des familles afin de garantir un avenir digne aux enfants de Beni et de toute la RDC.
Gloire TSONGO/ Beni