Le Président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, a intensifié la pression sur les entreprises étrangères opérant dans le pays afin d’assurer le paiement de leurs recettes fiscales localement. Après avoir exigé d’Orange que la totalité de ses impôts sur les revenus générés au Burkina Faso soit versée sur place, cette initiative a déjà permis une hausse de 5 % des recettes fiscales pour l’année 2024.
Jusqu’ici, certaines entreprises, dont Orange, transféraient leurs bénéfices à l’étranger, notamment en France, avant de s’acquitter de leurs impôts. Avec la nouvelle directive, les multinationales sont désormais tenues de déclarer et verser leurs impôts directement au Burkina Faso. Pour la seule Orange, cela a représenté près de 152 milliards de FCFA, entre impôts directs et indirects.
Fort de ce succès, Ibrahim Traoré a étendu la mesure à toutes les entreprises étrangères implantées dans le pays. Dorénavant, celles dont le chiffre d’affaires dépasse 5 milliards de FCFA sur les trois derniers exercices devront installer leur siège social sur le territoire national.
Le gouvernement a également fixé des exigences en matière d’infrastructures, afin de stimuler l’emploi et le secteur du BTP :
- Les entreprises réalisant plus de 100 milliards FCFA doivent construire un immeuble d’au moins sept étages pour leurs bureaux.
- Celles dont le chiffre d’affaires est compris entre 50 et 100 milliards FCFA devront ériger un bâtiment d’au moins cinq étages.
- Pour un chiffre d’affaires de 10 à 50 milliards FCFA, un bâtiment de quatre niveaux est exigé, hors parking souterrain.
Ces dispositions, adoptées en conseil des ministres le 12 février 2026, visent à conjuguer deux objectifs : accroître les recettes fiscales et favoriser l’emploi des jeunes dans le secteur de la construction.
Cette initiative marque un tournant dans la politique économique du Burkina Faso. En obligeant les multinationales à investir localement et à payer leurs impôts sur place, le président Traoré cherche à limiter les transferts de richesses à l’étranger et à renforcer l’autonomie financière du pays.
Burkina Faso affirme sa priorité en plaçant l’intérêt national au-dessus des privilèges des entreprises étrangères et tient absolument à soutenir l’emploi et le développement des infrastructures locales.
Rédaction/JDN