Au sortir d’une réunion d’urgence convoquée ce mardi par la Première ministre, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dressé un tableau préoccupant de la situation sécuritaire dans le Sud-Kivu, particulièrement sur l’axe Kamanyola–Uvira, où des bombardements attribués à l’armée rwandaise ont récemment touché des zones civiles.
Selon le ministre, la réunion a rassemblé les principaux membres du gouvernement concernés, Défense, Intérieur, services spécialisés afin d’évaluer les informations transmises par le CICR et plusieurs organisations humanitaires, lesquelles font état de « signaux particulièrement inquiétants » sur le terrain.
« Le Rwanda viole impunément l’accord signé à Washington », a déclaré Patrick Muyaya, rappelant que le Président de la République avait déjà dénoncé cette attitude lors de son allocution devant la Nation. Pour le gouvernement congolais, il ne s’agit plus seulement d’une remise en cause d’un engagement fraîchement conclu, mais d’une stratégie visant à élargir le conflit à la sous-région.
Le ministre a alerté sur le fait que les attaques observées ne se limiteraient plus au territoire congolais :
« Le Rwanda prend également le Burundi pour cible. Cette posture contredit totalement les engagements affichés devant le Département d’État américain il y a moins d’une semaine », a-t-il insisté.
Face à ce constat, Kinshasa interpelle directement le médiateur désigné dans l’accord de Washington, l’appelant à « peser de tout son poids pour ramener Kigali au respect de ses engagements » et favoriser une désescalade.
Patrick Muyaya a dénoncé des bombardements visant des écoles, des centres de santé et des habitations, qualifiant ces attaques d’actes destinés à « semer la terreur » dans la population. Il a souligné la mobilisation des gouverneurs et services provinciaux, étroitement associés au suivi permanent de la situation humanitaire et sécuritaire.
Le ministre a également mis en garde contre la circulation massive de fausses informations sur les réseaux sociaux : « Nous parlons souvent du ‘poison rwandais’ : il faut faire très attention à ce qui circule », a-t-il averti, appelant la population à se fier exclusivement aux canaux officiels.
Il a rappelé que les Forces armées sont engagées sur plusieurs fronts et que la situation peut évoluer rapidement, d’où la nécessité d’attendre les communications authentifiées du gouvernement.
Patrick Muyaya a assuré que le gouvernement viendra « présenter le tableau général » dès que les informations consolidées seront disponibles. « Le moment venu, nous reviendrons sur chaque élément, car il est crucial d’éviter la panique alimentée par la manipulation », a-t-il conclu.
Christiane EKAMBO