La vie quotidienne demeure fortement perturbée dans le territoire de Bukama, situé à environ 500 kilomètres de Lubumbashi, dans la province du Haut-Lomami. Depuis le lundi 12 janvier, les activités scolaires sont suspendues dans l’ensemble des établissements, tandis que la population fait face à une insécurité persistante.
Selon Augustin Monga Umoneka, cadre de la société civile locale, la peur domine parmi les parents, réticents à envoyer leurs enfants à l’école. « Les habitants redoutent de nouveaux affrontements entre les Forces armées de la RDC et des individus armés non identifiés », explique-t-il.
Le bilan provisoire fait état de 17 morts et de nombreux blessés. Neuf personnes auraient été tuées dimanche dernier, tandis que cinq corps supplémentaires ont été découverts dans les jours suivants. Parmi les blessés, certains ont succombé à leurs blessures. Quatre survivants ont été évacués vers Lubumbashi pour bénéficier de soins médicaux spécialisés.
Pour Augustin Monga Umoneka, la situation actuelle reste difficilement compréhensible. « Bukama n’a jamais été le théâtre d’actions des Maï-Maï Zoulou ou des Bakata Katanga. Les victimes ne sont pas des miliciens, mais des citoyens ordinaires », a-t-il déploré.
Face à cette crise sécuritaire, la société civile lance un appel urgent aux autorités compétentes afin de restaurer l’ordre public et de permettre la reprise normale des activités scolaires et économiques. Dans la matinée de ce jeudi 15 janvier, une accalmie fragile a toutefois été observée, marquée par la réouverture progressive de quelques commerces.
Guillaume MABALA