La Cour d’appel du Lualaba a rendu, le mardi 3 février dernier, son verdict dans l’affaire opposant deux magistrats de la province. Kabeya Mputu a été condamné à six mois d’emprisonnement ferme pour coups et blessures volontaires, assortis de menaces, à la suite d’une plainte introduite par son confrère, Didi Nvula.
Les faits reprochés remontent à un différend d’ordre professionnel entre les deux hommes. Selon le ministère public, le magistrat Kabeya Mputu aurait physiquement agressé son collègue avant de proférer de graves menaces, allant jusqu’à évoquer l’usage d’une arme. Des accusations que l’intéressé a contestées tout au long de la procédure, niant la matérialité des faits.
La défense a, pour sa part, plaidé l’existence d’un contentieux lié à l’instruction d’un dossier judiciaire sensible impliquant des proches de la partie civile. Les avocats du prévenu ont dénoncé une procédure qu’ils jugent dépourvue de preuves tangibles, évoquant une manœuvre destinée à nuire à la carrière de leur client.
L’audience a été brièvement interrompue à la suite d’un malaise survenu en pleine séance. Kabeya Mputu, qui avait passé la nuit précédente en détention à la prison centrale de Dilala, a été évacué vers une structure sanitaire avant la reprise des débats.
Malgré cet incident, la Cour d’appel a estimé que les éléments versés au dossier permettaient d’établir la culpabilité du prévenu. Elle a ainsi prononcé une peine de six mois de prison ferme, soulignant la nécessité du respect de la discipline et de l’exemplarité au sein de l’appareil judiciaire.
Les avocats de Kabeya Mputu ont annoncé leur intention de saisir une juridiction supérieure afin de contester cette décision. En attendant, ce verdict relance le débat sur la gestion des conflits internes à la magistrature et sur les mécanismes de prévention des dérives professionnelles dans le secteur judiciaire du Lualaba.
Guillaume MABALA