Nigeria : cinquante élèves parviennent à s’échapper après un enlèvement massif dans une école catholique

Cinquante des quelque 300 élèves enlevés vendredi dans une école catholique de l’ouest du Nigeria ont réussi à échapper à leurs ravisseurs, a annoncé dimanche l’Association chrétienne du Nigeria (CAN).

L’attaque a visé l’école catholique mixte Saint Mary, située dans l’État du Niger. Tôt vendredi, des hommes armés non identifiés y ont enlevé 303 élèves ainsi que 12 enseignants, dans ce qui s’apparente à l’un des enlèvements de masse les plus importants jamais enregistrés dans le pays, déjà durement frappé par ce phénomène. Les victimes, âgées de 8 à 18 ans, représentent près de la moitié des 629 élèves inscrits dans l’établissement.

« Nous avons reçu une bonne nouvelle : 50 élèves se sont échappés et ont retrouvé leurs parents », a indiqué la CAN dans un communiqué, précisant que ces évasions ont eu lieu entre vendredi et samedi.

Quelques jours plus tôt, dans l’État voisin de Kebbi, un autre groupe armé avait pris d’assaut un lycée et enlevé 25 jeunes filles. Cette nouvelle vague d’enlèvements a conduit plusieurs autorités locales à fermer des écoles par mesure de précaution, dans ce pays de 230 millions d’habitants confronté à des défis sécuritaires multiples.

Depuis 2009, le Nigeria fait face à une insurrection jihadiste dans le nord-est, tandis que des bandes criminelles lourdement armées surnommées localement les « bandits » multiplient les attaques et les enlèvements dans le nord-ouest et le centre du pays. Les autorités fédérales n’ont pas encore communiqué de bilan officiel concernant le nombre total d’élèves et d’enseignants enlevés.

Aucune revendication n’a été enregistrée pour cette série d’attaques, ni pour celle perpétrée mardi contre une église de l’ouest du pays, au cours de laquelle deux personnes ont été tuées et plusieurs autres pourraient avoir été capturées.

Dans un communiqué, le père Bulus Dauwa Yohanna, président de la CAN dans l’État du Niger et propriétaire de l’école Saint Mary, a exprimé un mélange de soulagement et d’inquiétude : « Le retour des 50 enfants qui ont réussi à s’échapper nous réconforte, mais je vous exhorte à continuer de prier pour le sauvetage et le retour sains et saufs des autres victimes ».

Ce drame ravive douloureusement le souvenir de l’enlèvement de près de 300 lycéennes par Boko Haram à Chibok en 2014, dont certaines sont toujours portées disparues plus de dix ans après.

Dimanche, le pape Léon XIV a exprimé son « immense tristesse » et lancé « un appel pressant à la libération immédiate des otages ». « Prions pour nos frères et sœurs, et pour que les églises et les écoles demeurent toujours des lieux de sécurité et d’espoir », a-t-il déclaré.

Vendredi, le président américain Donald Trump a réagi en estimant que « ce qui se passe au Nigeria est une honte », tout en réitérant ses menaces d’« intervention militaire » face à ce qu’il qualifie de persécutions contre les chrétiens.

Rédaction/avec AFP

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