Le tribunal militaire de garnison de Beni a condamné, ce lundi 6 octobre 2025, vingt-trois personnes pour collaboration présumée avec les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé actif dans l’est de la République démocratique du Congo.
L’audience s’est tenue en chambre foraine, sur l’esplanade de la mairie de Beni, dans un souci de transparence et de proximité avec la population. Sur les trente et un prévenus initialement poursuivis, huit ont été acquittés, cinq sont décédés au cours de la procédure, tandis qu’un dossier a été déclaré irrecevable pour non-comparution.
Les condamnés ont écopé de peines allant de cinq à vingt ans de servitude pénale. Ils étaient notamment accusés d’avoir fourni des informations sensibles, un appui logistique, de la nourriture ou encore des caches aux rebelles. Deux femmes figurent parmi les personnes condamnées.
Renforcer la lutte contre l’impunité
Les charges retenues contre les prévenus incluaient la participation à un mouvement insurrectionnel, le terrorisme, le financement du terrorisme, la détention illégale d’armes de guerre et des crimes de guerre.
Selon les autorités militaires, ce procès s’inscrit dans le cadre des efforts visant à démanteler les réseaux de soutien aux ADF et à restaurer la sécurité dans les territoires de Beni et Lubero, régulièrement touchés par des attaques meurtrières. Des villages entiers continuent d’être incendiés et des civils tués ou enlevés par ces milices.
Pour Maître Delphin Balokwa Musavuli, avocat présent à l’audience, ces jugements doivent servir d’exemple et rappeler que toute complicité avec les groupes armés expose à la rigueur de la loi.
Un procès très attendu
Ce procès public a été salué par une partie de la population locale, lassée de l’impunité dont bénéficient souvent les collaborateurs des groupes armés. Beaucoup espèrent qu’il marquera un tournant dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité persistante dans la région.
Les autorités judiciaires ont annoncé la tenue prochaine d’autres audiences foraines afin de poursuivre tous les acteurs impliqués, directement ou indirectement, dans les violences qui endeuillent l’Est du pays.
Gloire TSONGO, depuis Beni