Au Nord-Kivu, de nombreux demandeurs du passeport biométrique se disent satisfaits de la rapidité et du professionnalisme observés dans le traitement de leurs dossiers après la capture effectuée au centre installé dans la ville de Butembo. Parmi eux figure Patient Akilimali Muhindo, journaliste et habitant de la ville, qui a obtenu pour la première fois son passeport biométrique en moins d’un mois après la capture.
Le jeudi 15 janvier 2026 restera un jour mémorable pour Patient Akilimali, professionnel des médias et chef des travaux à l’Université officielle de Ruwenzori (UOR-Butembo). Père de famille, il s’est rendu à l’hôtel de ville sans grande certitude de pouvoir « palper et sentir l’odeur » de son passeport. Fidèle à son prénom, il a toutefois pris son mal en patience, restant debout aux côtés de milliers d’autres requérants dans la salle où les équipes de capture procédaient à la remise des documents fraîchement arrivés de Kinshasa, située à plus de 2 000 kilomètres de Butembo, principal centre commercial de l’Est de la RDC.
« Il fallait vraiment être patient, car la remise des passeports se faisait par ordre nominal. Face à l’engouement dans la salle, on pouvait facilement se décourager, d’autant plus que personne ne savait si son document était effectivement arrivé », témoigne-t-il.
Aux environs de 13 heures, son nom est enfin appelé. Un moment de joie et de soulagement, partagé devant les équipes de capture et les autres requérants.
« En recevant mon passeport, j’ai constaté que tout était correct : les identités ont été fidèlement reprises telles que je les avais fournies, et la photo correspond bien à ma personne. À la remise, ce fut une agréable surprise : je n’ai rien donné, alors qu’on nous demandait souvent de prévoir quelque chose », confie-t-il, passeport en main, à la sortie du bureau.
À Journaldesnations, Patient Akilimali, à l’instar de plusieurs autres citoyens déjà servis, salue la célérité avec laquelle son dossier a été traité après la capture et l’accomplissement des formalités à la fin du mois de décembre 2025. À sa grande surprise, le document lui est parvenu à Butembo en moins de trente jours, un délai nettement inférieur à ceux observés les années précédentes.
« Je m’attendais à une attente de deux, voire trois mois. Un ami qui avait effectué la même démarche à Bunia en juin n’a reçu son passeport qu’en novembre 2025, soit cinq mois plus tard. Pour ma part, je pensais patienter au moins deux mois. Obtenir mon passeport biométrique en moins d’un mois a été une très agréable surprise. C’est ce qui fonde ma satisfaction quant au travail abattu par les équipes de capture », ajoute-t-il.
Comme de nombreux autres citoyens, Patient Akilimali plaide pour le maintien permanent du centre de capture de Butembo, afin de permettre à un plus grand nombre de requérants d’accéder plus facilement à ce service essentiel.
« Plusieurs habitants de Butembo ont besoin de ce passeport, mais n’ont pas encore réuni les moyens financiers. D’autres, vivant dans les entités environnantes, peuvent aisément se déplacer jusqu’ici. Le maintien de ce centre constituerait une réponse concrète à la forte demande de la population », estime-t-il.
Cependant, dans l’axe Butembo–Beni, les demandeurs déplorent le coût réel de l’obtention du passeport congolais. Alors que le prix officiel reste fixé à 75 dollars américains, ils évoquent une réalité bien plus onéreuse. En plus du paiement bancaire effectué à Equity BCDC, plusieurs frais additionnels sont exigés : 20 dollars pour l’enregistrement, 20 dollars pour l’alignement, 30 dollars pour l’audition à l’ANR et 40 dollars pour la capture des données biométriques. Au total, la dépense avoisine ainsi 185 dollars américains, soit plus du double du montant officiellement annoncé.
Djiress BALOKI