La journée du lundi 5 janvier a été marquée par de vives tensions à Kimbulu, une localité située sur l’axe Butembo–Lubero, dans la province du Nord-Kivu. Ces troubles font suite à l’assassinat d’un jeune homme survenu dimanche soir, abattu par un homme en uniforme, présenté comme un présumé militaire.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la victime aurait été prise pour cible à la suite d’un différend lié à une relation sentimentale. L’homme abattu entretenait, selon ces sources, une relation avec une femme également fréquentée par son bourreau présumé.
En réaction à ce meurtre, la population en colère a érigé des barricades à l’aide de troncs d’arbres sur la route reliant Kimbulu au centre de Lubero, paralysant temporairement la circulation. Le calme est progressivement revenu après l’intervention des autorités locales et des forces de sécurité, qui ont annoncé l’ouverture d’une enquête afin d’identifier et d’interpeller l’auteur de cet acte.
Un habitant de Kimbulu témoigne : « Jusqu’à ce soir, plusieurs portes de commerces restent fermées, mais les jeunes se sont calmés. Pour l’instant, la situation est relativement calme ».
Il revient également sur les circonstances du drame : « La population s’est réveillée dans la tristesse après la découverte du corps d’un jeune joueur de l’équipe Mazembe, ancien acheteur de “cinquant” ici à Kimbulu. Il aurait été fusillé par des militaires des FARDC près d’un lieu de fabrication d’une boisson locale. D’après ce qui se dit, il s’agirait d’une querelle autour d’une fille ».
Évoquant les risques d’affrontements entre la population et les forces armées, le même témoin rassure : « Non, car à Kimbulu il y a plusieurs unités des FARDC. Le colonel de la JR a tenté de calmer la population. Le commandant de secteur s’est également rendu sur place pour apaiser la situation et rassurer les habitants que cet acte sera pris en compte par la hiérarchie militaire ».
À ce stade, l’auteur de l’assassinat n’a pas encore été formellement identifié. Le témoin précise toutefois : « Jusqu’à présent, l’assassin n’a pas été identifié, mais les recherches se poursuivent ».
Ce drame met une fois de plus en lumière la fragilité de la situation sécuritaire dans certaines zones du Nord-Kivu, où la cohabitation entre civils, groupes armés et éléments des forces régulières demeure source de tensions et d’insécurité.
Gloire TSONGO/ Beni